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Burkina Faso | Restriction des libertés

Une centaine d’ONG et associations dissoutes par les autorités militaires de la transition

Burkina Faso | Restriction des libertés
‘‘Ouagadougou annonce une mesure d’application immédiate’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Ouagadougou, 16 avril 2026 – Les autorités burkinabè ont annoncé, jeudi 15 avril, la dissolution de 118 associations et organisations non gouvernementales (ONG) sur l’ensemble du territoire national.

La décision a été prise par le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité. Elle est entrée en vigueur immédiatement, interdisant à ces structures de poursuivre leurs activités.

Des organisations principalement actives dans les droits humains

Selon la liste rendue publique, la majorité des structures concernées interviennent dans les domaines des droits humains et de la société civile. Figurent notamment des organisations telles que l’Union interafricaine des droits de l’homme, le Cercle d’Éveil, Jeunesse unie pour une nouvelle Afrique, ainsi que la section burkinabè de la RADHO.

Les autorités n’ont pas détaillé individuellement les griefs reprochés à ces organisations, évoquant de manière générale un « non-respect des dispositions légales en vigueur ».

Un cadre légal plus strict sur les associations

Cette mesure s’inscrit dans l’application d’une loi adoptée en juillet 2025, qui encadre plus strictement le fonctionnement des associations au Burkina Faso.

Le texte impose des obligations administratives et financières renforcées, que les autorités justifient par la nécessité de « moraliser » le secteur associatif et de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Un délai d’un an avait été accordé aux organisations pour se conformer aux nouvelles exigences, à compter de l’entrée en vigueur de la loi le 23 juillet 2025.

Un durcissement progressif du contrôle du secteur

Depuis l’adoption du texte, plusieurs mesures similaires ont déjà été prises. Vingt et une ONG avaient ainsi vu leur autorisation d’exercer retirée peu après l’entrée en vigueur du dispositif.

Début avril, le gouvernement avait également évoqué la possibilité de « mesures fermes » contre certaines organisations qualifiées d’« officines impérialistes déguisées en ONG », dans un contexte de tensions avec une partie de la société civile et après la publication de rapports internationaux critiques sur la situation des droits humains.

Une décision qui suscite des interrogations

Cette nouvelle vague de dissolutions intervient dans un climat de restrictions croissantes encadrant l’action des organisations de la société civile au Burkina Faso, sans que les autorités n’apportent pour l’heure de précisions détaillées sur les cas individuels.

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