‘‘Laurent Gbagbo appelle à s’opposer fermement au “4ᵉ mandat” d’Alassane Ouattara’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, le 29 novembre 2025 – L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est sorti de sa réserve, ce samedi pour la première fois depuis la présidentielle du 25 octobre 2025. Une prise de parole offensive qui remet au centre du débat politique la question de la limitation des mandats présidentiels, thème explosif à quelques semaines des législatives du 27 décembre prochain.
« On ne peut pas accepter ça » : Gbagbo attaque frontalement l’hypothèse d’un 4ᵉ mandat
Devant ses partisans, Laurent Gbagbo a dénoncé avec vigueur ce qu’il appelle un « quatrième mandat » d’Alassane Ouattara.
« Si la Constitution dit deux mandats, pourquoi se retrouve-t-on dans un quatrième ? On ne peut pas accepter ça. Il faut respecter ce qui est écrit », a-t-il martelé, visiblement déterminé à remettre la question au cœur du débat national.
Pour l’ex-chef d’État, le principe de limitation des mandats n’est pas négociable :
« Vous l’avez écrite dans la Constitution, adoptée à 85 % par référendum, réaffirmée en 2016… et vous refusez de la respecter ? Pourquoi inscrit-on dans la loi ce qu’on n’a pas l’intention d’appliquer ? »
Un réquisitoire contre la justice et les institutions
Au-delà du débat constitutionnel, Gbagbo met en cause la crédibilité des institutions : « Un avocat défend son client sur la base des lois. Mais si les juges disent qu’ils se moquent des lois, alors il y a un problème. Soyons sérieux en Afrique. Respectons ce que nous écrivons. »
L’ancien président insiste sur ce qu’il présente comme une dérive institutionnelle :
« Quelqu’un qui est arrivé au pouvoir en 2011 veut encore être là en 2025 ? Il y a quelque chose qui ne va pas. »
Retour sur 2011 : une critique renouvelée du rôle de la France
Laurent Gbagbo a également ravivé un épisode particulièrement sensible : la chute de son régime en 2011.
Il accuse à nouveau la France de Nicolas Sarkozy d’avoir joué un rôle déterminant : « Dans une dispute entre deux candidats, que venait faire la France ? Pourquoi les avions de Sarkozy sont-ils venus bombarder la résidence du président de la République ? »
Selon lui, cette intervention a façonné la manière dont le pouvoir est exercé aujourd’hui : « Quand on arrive au pouvoir avec des bombes, on croit qu’on peut tout faire avec des bombes. »
Il ajoute, en référence à l’ancien chef de l’État français : « Sarkozy n’est plus président, il est même aujourd’hui rattrapé par la justice. »
Un appel à la mobilisation : « Le combat continue »
Pour Laurent Gbagbo, le débat ne doit pas s’éteindre : « Le combat contre le 4ᵉ mandat est une lutte fondamentale. Nous devons continuer à nous y opposer. »
À travers cette sortie, l’ex-président cherche clairement à réveiller son camp et à repositionner son parti, le PPA-CI, comme l’une des principales forces d’opposition.