‘‘Mariétou Djibo N’Zi a salué le dévouement d’une génération partie apprendre mais revenue avec un sacre inédit’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, le 28 novembre 2025 — Pour leur toute première participation à la Ligue des champions féminine de la CAF, les joueuses de l’ASEC Mimosas ont créé la sensation : finalistes du tournoi et désormais vice-championnes d’Afrique. Une performance inattendue, qui marque un tournant pour le football féminin ivoirien.
À la tête de cette ascension, Mariétou Djibo N’Zi, présidente de la section féminine, est revenue dans un entretien sur cette épopée historiques, les défis rencontrés et les ambitions désormais affichées par le club.
« Une fierté, mais surtout un point de départ »
« Être vice-championnes pour une première participation, c’est un immense honneur », confie Mariétou Djibo N’Zi. L’ASEC, montée de D2 seulement trois ans plus tôt, a su défier la hiérarchie continentale et se hisser en finale.
Mais pour la dirigeante, l’objectif dépasse ce trophée symbolique : « Nous sortons de cette compétition avec la conviction que notre projet est solide et porteur d’avenir. Cette finale, ce n’est pas une conclusion, mais le début d’une nouvelle ère. »
Un déclic dès le premier match
Avant le tournoi, l’ambition affichée était prudente : prendre de l’expérience. Le ton a changé dès la première rencontre, remportée face aux championnes en titre du TP Mazembe. « À ce moment-là, j’ai compris que quelque chose se passait. J’ai vu un groupe prêt à se surpasser », explique-t-elle. Le match contre les JKT Queens a renforcé cette impression : « Les filles ont simplement refusé de perdre. Leur fighting spirit a fait basculer la compétition. »
Apprendre vite, s’adapter encore plus vite
Aucune joueuse n’avait disputé une phase finale continentale. La présidente parle d’« un apprentissage accéléré », où il a fallu assimiler l’intensité, les exigences tactiques et la pression d’un tournoi de haut niveau. Malgré cela, l’équipe a gagné en cohésion et en maturité au fil des rencontres. « Chaque difficulté a été une étape de croissance », résume-t-elle.
La direction du club, pilier discret mais essentiel
Mariétou Djibo N’Zi insiste sur un point : cette réussite est collective.
« La grande famille ASEC a joué un rôle déterminant. Je veux rendre un hommage particulier au PCA, Me Roger Ouégnin. Il a cru en nous, il a rêvé avec nous. »
Trois joueuses dans l’équipe type africaine
Habibou Ouédraogo, élue meilleure joueuse du tournoi, Ami Prisca Diallo et Noura Diarra figurent dans l’équipe-type de la compétition. « C’est une immense fierté pour le club, mais c’est aussi le fruit du travail de tout le groupe », souligne la présidente, qui remercie les 21 joueuses engagées dans la campagne.
L’enjeu : protéger et valoriser les talents
Alors que la visibilité des joueuses augmente, l’ASEC veut consolider son projet.
« Il y aura des arrivées et des départs, comme dans tout club. Mais nous cherchons avant tout à stabiliser l’effectif, renforcer l'encadrement et offrir aux joueuses les meilleures conditions pour progresser », détaille-t-elle.
Objectif : dominer localement, viser plus haut en Afrique
Le prochain défi sera national : « Remporter le championnat et confirmer notre leadership ». Au niveau continental, l’ambition est claire : retourner en Ligue des champions avec l’expérience acquise et viser le titre.
Un modèle pour le développement du football féminin ivoirien
Pour la présidente, cette performance doit servir de levier.
« Nous voulons inspirer d’autres clubs, aider à structurer l’environnement du football féminin et encourager les jeunes filles à rêver grand. »
Le soutien des Actionnaires : un moteur puissant
La dirigeante salue l’engagement des supporters, toujours présents lors des matchs clés. « Leur énergie nous a portées. Ils ont été un 12ᵉ joueur. Nous savons qu’ils auraient aimé être avec nous en Égypte. »
Un moment gravé : l’entrée en finale
La scène la plus marquante pour la présidente ?
« Voir mes joueuses entrer sur la pelouse du Suez Canal Stadium, en jaune et noir… À cet instant, j’ai su que nous écrivions l’histoire. »
Message aux jeunes filles ivoiriennes
« Croyez en vous, travaillez, persévérez. Le talent ne suffit pas, mais la détermination peut vous mener très loin. Notre aventure prouve que tout est possible. » La présidente n’oublie pas ses proches ni les partenaires : « Cette réussite est aussi la leur. » Une réussite qui, désormais, ouvre une nouvelle page du football féminin à l’ASEC Mimosas et en Côte d'Ivoire.