‘‘Lago Fabrice dit Steve Beko est sorti de son silence’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, le 20 novembre 2025 — Après plusieurs semaines de retrait, Lago Fabrice, alias Steve Beko, figure montante du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et Secrétaire national technique chargé du marketing politique, est finalement sorti de son silence ce jeudi.
Une prise de parole hautement politique, au lendemain de la révocation spectaculaire de 22 cadres du parti.
Une sanction collective pour défendre la ligne Gbagbo
Le mercredi 19 novembre, la direction du PPA-CI a tranché : 22 cadres révoqués pour « défiance » vis-à-vis de la décision prise par le président du parti, Laurent Gbagbo, de ne pas participer aux législatives de 2025.
Parmi les sanctionnés figurent des personnalités connues comme Blaise Lasm, Stéphane Kipré et Arthur Prince Dali, tous candidats déclarés dans leurs circonscriptions malgré l’interdit.
Cette décision marque une volonté claire : réaffirmer l’autorité de Laurent Gbagbo et préserver la cohérence stratégique d’un parti encore en reconstruction.
Steve Beko, entre loyauté institutionnelle et proximité personnelle
Attendu par une partie de la base militante pour prendre position, Steve Beko a choisi la voie institutionnelle.
Sur Facebook, il rappelle que dans une crise interne, la parole appartient au parti, et non aux responsables individuellement.
« Mes amis, les positions que nous occupons auprès du Président Gbagbo ne sont pas des cadeaux… Ce sont des années de privations, de risques, de nuits blanches. C’est de la conviction, pas du divertissement », écrit-il.
L’homme, souvent perçu comme un électron libre, se repositionne clairement : loyauté d’abord, opinion personnelle ensuite.
Préserver l’équilibre interne du parti
En renvoyant les contestataires au fonctionnement institutionnel du PPA-CI — « 500 membres dans la direction » — Steve Beko rappelle la nature collective des décisions et la nécessité de discipline, un message adressé autant aux cadres sanctionnés qu’à une base militante parfois turbulente.
« Celui ou celle qui pense pouvoir mieux faire, le parti est ouvert. Venez montrer vos talents », lance-t-il, dans une pique assumée.
Le message vise à endiguer la tentation de fronde et à réaffirmer l’existence d’un cadre décisionnel structuré autour du leadership de Laurent Gbagbo.
Fidélité personnelle, mais pas rupture de ligne
À propos des cadres exclus, Steve Beko adopte un ton conciliant, sans rompre avec la ligne officielle : « Ce sont mes amis et je les aime… mais Steve dit ce que le parti dit. Steve ne pourra pas faire campagne pour eux. Steve n’est pas une radio pirate. » Une manière d’affirmer sa fidélité personnelle tout en respectant la discipline du parti — un positionnement politique subtil, qui traduit l’équilibre qu’il cherche à préserver.
Un enjeu crucial : maîtriser la transition politique du PPA-CI
Cette affaire révèle une tension profonde : comment maintenir l’unité d’un parti d’opposition en pleine recomposition, tout en restant cohérent dans la stratégie électorale dictée par Gbagbo ?
La sortie de Steve Beko, loin d’être un simple post Facebook, apparaît comme un acte politique destiné à : calmer la base, rappeler la hiérarchie interne, et repositionner le débat sur la discipline stratégique.
Dans un parti où chaque geste est scruté, son intervention contribue à stabiliser une séquence délicate, tout en confirmant son rôle de relais loyal du président Laurent Gbagbo.