Par Dahn Habib Sénamblé, info : Rfi
New York (Etats-Unis), le 19 novembre 2025 — Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest, ce mardi 18 novembre, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a pressé les États du Sahel de renouer la coopération sécuritaire, alors que les attaques jihadistes s’intensifient dans une région déjà au bord de la crise humanitaire.
« Il est absolument essentiel que, malgré ces divergences, nous construisions une plateforme de coopération entre les services de renseignement et de sécurité», a déclaré M. Guterres, intervenant en visioconférence devant les membres du Conseil.
Le chef de l’ONU appelle à une recomposition du dialogue entre les pays de la Cédéao et ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso, Niger — aujourd’hui sortis de l’organisation régionale, ainsi qu’avec la Mauritanie, le Tchad et l’Algérie. Objectif : faire front commun face à la menace jihadiste, dont la progression ne connaît plus de frontières.
L’AES se dit ouverte à la coopération, mais dans le respect de la souveraineté
Au nom des États membres de l’AES, l’ambassadeur du Mali auprès des Nations unies, Issa Konfourou, a rappelé que « la lutte contre le terrorisme est et doit rester une lutte régionale et internationale ».
Il a assuré que les pays de l’AES se disent « entièrement disposés » à coopérer avec leurs voisins et leurs partenaires, à condition que soient respectés : la souveraineté des États, leurs choix stratégiques, les intérêts des populations.
Pour M. Konfourou, la restauration de la confiance régionale constitue un préalable indispensable. Il appelle à une approche nouvelle, rompant avec ce qu’il a qualifié d’« ingérences extérieures hostiles », de « sanctions illégales et inhumaines » et de « menaces d’intervention militaire » contre des États souverains.
Une menace jihadiste désormais transfrontalière
Les groupes armés affiliés à al-Qaïda — notamment le JNIM — et à l’État islamique au Grand Sahara continuent d’étendre leur emprise. Ils frappent désormais : dans presque tout le Mali, dans le Burkina Faso, dans l’ouest du Niger, au nord du Nigeria, jusqu’aux abords de la frontière sénégalaise.
Au Mali, le JNIM a renforcé sa présence, menant un blocus sur les ravitaillements en carburant qui asphyxie une part croissante de l’économie, y compris jusque dans la capitale.
Un appel à une coordination régionale urgente
Alors que les États du Sahel poursuivent chacun leurs stratégies militaires, la communauté internationale redoute que les fractures politiques entre la Cédéao et l’AES n’ouvrent davantage de brèches à des groupes armés mieux organisés et plus mobiles.
Pour Antonio Guterres, seule une coopération sécuritaire rétablie pourra enrayer l’expansion de la menace et éviter un basculement durable de la région.