‘‘Mme Kaba Nialé et son Excellence Irchad Razaaly ont salué l’excellence des relations Côte d’Ivoire – Union Européenne’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 14 novembre 2025 – Madame Nialé Kaba, ministre de l’Économie, du Plan et du Développement, a reçu ce vendredi Son Excellence Irchad Razaaly, ambassadeur de l’Union Européenne en Côte d’Ivoire, pour faire le point sur l’état de la coopération bilatérale et les perspectives de renforcement des partenariats stratégiques.
Au cours de cette rencontre, les échanges ont porté sur le soutien de l’UE aux réformes structurelles initiées par le gouvernement ivoirien, le financement de projets prioritaires et les initiatives communes visant à stimuler une croissance inclusive, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie des populations.
L’ambassadeur Razaaly a réaffirmé l’engagement de l’Union Européenne à accompagner la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de ses politiques publiques. De son côté, la ministre Nialé Kaba a salué la qualité du partenariat et confirmé la volonté du gouvernement de poursuivre cette collaboration dynamique et fructueuse.
‘‘Historique des relations entre la Côte d’Ivoire et l’Union Européenne’’
Les liens entre la Côte d’Ivoire et l’Union Européenne (UE) remontent à plusieurs décennies, fondés sur des relations diplomatiques, économiques et de coopération au développement.
Années 1960-1970 : Les débuts
Après l’indépendance en 1960, la Côte d’Ivoire, sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, entretient des relations étroites avec les pays européens, notamment la France. Les accords de coopération se concentrent alors sur l’aide au développement, les infrastructures, l’éducation et la santé.
Années 1975-2000 : Diversification et coopération renforcée
Avec la création de la Communauté économique européenne et le renforcement des instruments de coopération, la Côte d’Ivoire devient un partenaire important de l’UE en Afrique de l’Ouest. Les programmes financés couvrent l’agriculture, la gouvernance, l’appui aux entreprises et la protection de l’environnement.
Années 2000-2010 : UE et Côte d’Ivoire face aux crises
Pendant la période de crise politique et post-électorale (2002-2011), l’UE joue un rôle actif dans le soutien à la paix et à la reconstruction. Elle finance des projets humanitaires et de gouvernance, tout en encourageant le retour à la stabilité démocratique.
2011 à aujourd’hui : Partenariat stratégique et développement durable
Depuis le retour à la stabilité et l’élection d’Alassane Ouattara, l’UE s’investit dans la relance économique, le développement social et la promotion de la bonne gouvernance. Des instruments financiers comme le FED (Fonds européen de développement), l’Aide macro-financière et des partenariats sectoriels soutiennent la croissance, l’éducation, la santé, l’environnement et la transition énergétique.
‘‘Des finances massives pour des enjeux majeurs’’
Lors de leur audience, les deux responsables ont évoqué plusieurs projets majeurs dans lesquels l’UE s’investit fortement :
Transition écologique et reforestation
Via le Global Gateway, l’UE et la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ont mobilisé 300 millions d’euros pour des projets durables en Côte d’Ivoire, dont 150 millions spécifiquement consacrés à la reforestation, l’agroforesterie et la valorisation des forêts.
À ces efforts s’ajoute le projet PASSAD (système sylvicole et agroalimentaire durable), financé à hauteur de 22 millions d’euros, visant à renforcer la gestion des forêts et des chaînes de valeur.
Énergie verte
Le projet d’appui à la production d’énergie renouvelable (PAPEV) bénéficie d’un soutien de 15 millions d’euros, dans le but d’accélérer la transition énergétique ivoirienne.
Développement agricole et privé
Grâce à des financements BEI-COFINA, environ 16,1 millions d’euros sont dirigés vers les PME agricoles, notamment dans le cacao et les cultures vivrières. Un autre accord de 26 millions d’euros soutient les chaînes de valeur durables, l’entrepreneuriat vert et l’inclusion économique.
Gouvernance et paix sociale
L’UE alloue 15 millions d’euros à des programmes de gouvernance, de lutte contre le blanchiment d’argent et de formation sur l’État de droit, en lien avec les réformes structurelles ivoiriennes.
Gestion des migrations
Un appui de 10 millions d’euros est destiné à un programme de gestion des flux migratoires, au soutien aux migrants et à leur réinsertion, en insistant sur l’approche genre.
Objectifs de développement durable (ODD)
En novembre 2024, cinq conventions totalisant 112 millions d’euros ont été signées entre la Côte d’Ivoire et l’UE, couvrant des secteurs comme le développement social, le climat, l’énergie et la migration. Par ailleurs, à travers la cellule de coordination Côte d’Ivoire – UE, l’UE prévoit de mobiliser 32,8 milliards de FCFA (~ 50 millions d’euros) sur la période 2024–2026 pour soutenir les ODD.
Cacao durable et bas carbone
Une part significative des financements du Global Gateway (300 M€) vise à transformer la filière cacao ivoirienne : traçabilité, coopératives durables, lutte contre la déforestation. Selon certaines sources, jusqu’à 450 millions d’euros du dispositif “Team Europe” sont alloués à la durabilité et à la souveraineté écologique du cacao.
Un soutien déterminé aux réformes ivoiriennes
Lors des échanges, l’ambassadeur Razaaly a exprimé la volonté de l’UE d’accompagner les réformes structurelles initiées par le gouvernement : modernisation de l’économie, inclusion sociale, transition énergétique, et renforcement des institutions publiques. Il a affirmé que l’Union souhaite jouer un rôle encore plus actif dans la mise en œuvre des politiques publiques ivoiriennes.
De son côté, la ministre Nialé Kaba a salué la confiance renouvelée de l’UE, appréciant particulièrement la stabilité macro‑économique du pays et sa vision de long terme. Elle a souligné que le gouvernement ivoirien est prêt à poursuivre une coopération “dynamique et équilibrée” pour atteindre les ambitions de développement.
Regarder vers l’avenir : croissance inclusive, finance verte et innovation
Les discussions ont abouti à un cadre prospectif. L’UE et la Côte d’Ivoire envisagent de renforcer leur partenariat dans les domaines : « de la formation professionnelle et de l’e-learning, de l’innovation verte (agroforesterie, énergies renouvelables), de l’inclusion sociale (emploi des jeunes et des femmes), et du financement climatique, à travers la valorisation des crédits carbone et la mobilisation de fonds européens verts.
Cette feuille de route s’inscrit dans une vision partagée : faire de la recherche, de l’économie verte et de l’action sociale des piliers du développement durable ivoirien.
Une relation stratégique pour l’Afrique de l’Ouest
Dans le contexte régional, la Côte d’Ivoire joue un rôle de locomotive. Le renforcement de la coopération avec l’UE ne profite pas seulement à Abidjan : il contribue à renforcer la stabilité et la croissance en Afrique de l’Ouest. Pour l’Union, le partenariat avec la Côte d’Ivoire symbolise un engagement concret vers un développement inclusif, durable et stratégique sur le continent.