Par Dahn Habib Sénamblé
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, réunis au sein de l’Opep+, ont annoncé dimanche une légère hausse de leurs quotas de production pour le mois de décembre, avant une pause prévue au premier trimestre 2026, dans un contexte de reconquête de parts de marché face aux producteurs américains.
Une hausse modeste mais symbolique
Réunis par visioconférence, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l’alliance ont convenu d’augmenter leur production collective de 137 000 barils par jour en décembre, par rapport au niveau fixé pour novembre, a indiqué l’Opep dans un communiqué.
Cette hausse, modeste, s’inscrit dans la trajectoire de relèvement progressif décidée en avril, mais marque aussi une inflexion dans la stratégie du cartel.
Vers une trêve au premier trimestre 2026
Les ministres ont décidé de « suspendre les hausses mensuelles de production » au premier trimestre 2026, signalant une volonté d’évaluer les effets des ajustements successifs sur l’équilibre du marché et sur les prix du brut. L’Opep+ a précisé que cette pause visait à stabiliser l’offre dans un contexte de volatilité accrue et de ralentissement de la demande mondiale.
Entre prudence et offensive de marché
Riyad et Moscou, les deux piliers de l’alliance, cherchent à retrouver une position dominante après une période de tension sur les prix et de concurrence accrue du pétrole de schiste américain.
Selon plusieurs analystes, cette augmentation mesurée traduit la volonté de l’Opep+ de préserver les recettes d’exportation sans fragiliser le marché.
« L’alliance adopte une approche graduelle, testant la résilience de la demande avant d’engager de nouveaux volumes », résume un analyste du cabinet Energy Aspects.
Un équilibre encore fragile
Depuis le début de l’année, le baril de Brent oscille entre 79 et 87 dollars, reflétant un marché sensible aux signaux de production et aux incertitudes géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en mer Noire.
Les ajustements à venir au premier trimestre 2026 seront scrutés de près par les investisseurs, d’autant que les politiques énergétiques des grands consommateurs asiatiques et la transition vers les énergies renouvelables continuent de peser sur les prévisions à moyen terme.
Source: Rfi