Par Dahn Habib Sénamblé — 31 octobre 2025
La Côte d’Ivoire se positionne désormais comme l’un des acteurs énergétiques les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.
Avec la mise en production du champ Baleine et une série d’investissements d’envergure, le pays entend devenir un hub pétrolier et gazier sous-régional, capable d’assurer à la fois son autosuffisance et son rayonnement économique.
Un bassin sédimentaire en pleine effervescence
À fin 2023, le bassin sédimentaire ivoirien comptait 50 blocs, dont 16 en exploration, 6 en production et 3 en négociation, selon les données du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. Vingt-cinq blocs restent encore disponibles, offrant d’importantes opportunités pour de nouveaux entrants.
Cette attractivité est le fruit des réformes majeures engagées depuis plus d’une décennie, notamment la révision du Code pétrolier en 2012, qui a introduit davantage de flexibilité et un cadre juridique plus favorable aux investisseurs.
Une production en forte progression
En 2023, la Côte d’Ivoire a produit 10,75 millions de barils de pétrole brut, soit une hausse de 15,6 % par rapport à 2022. Cette performance est largement portée par la mise en production du champ Baleine, opérée le 27 août 2023, mais aussi par la bonne tenue des principaux blocs : CI-11 (Lion, Panthère), CI-26 (Espoir), CI-27 (Foxtrot, Mahi, Marlin, Manta), CI-40 (Baobab) et CI-101/802 (Baleine).
Près de 92 % de cette production a été exportée, confirmant le rôle stratégique du pays dans la sous-région.
Le gaz naturel, pilier du mix énergétique
La production de gaz naturel a également progressé, atteignant 93,6 millions de MMBTU en 2023, soit une hausse de 3,7 % par rapport à 2022. En moyenne, la production a augmenté de 2,2 % par an entre 2015 et 2023.
Le secteur de l’électricité en est le principal bénéficiaire : près de 93 % du gaz produit est consommé localement pour alimenter les centrales thermiques du pays. Cette orientation confirme le rôle stratégique du gaz dans la sécurité énergétique nationale.
Baleine, la fierté ivoirienne
Découvert en septembre 2021 et rapidement mis en valeur, le champ Baleine est devenu le symbole du renouveau pétrolier ivoirien. Ses réserves estimées s’élèvent à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel, selon les estimations confirmées après la seconde découverte de juillet 2022.
La phase 2 du développement, déjà en cours, doit permettre d’atteindre une production de 50 000 barils de pétrole par jour et 60 millions de pieds cubes de gaz naturel. À terme, la phase 3, prévue pour 2027, pourrait tripler ces volumes et faire de Baleine l’un des plus grands gisements offshores du continent.
Des investissements à grande échelle
Au-delà de Baleine, le gouvernement multiplie les chantiers pour accroître la production nationale :
Développement du champ CI-27 ;
Phase 4 du bloc Espoir (CI-26) ;
Cinquième phase du champ Baobab (CI-40) ;
Mise en production du gisement Kossipo (CI-40) ;
Développement de gisements marginaux : CI-525 (Kudu, Eland), CI-523 (Ibex), CI-103 (Paon).
Parallèlement, le champ Calao, découvert en mars 2024, est en cours d’évaluation et pourrait renforcer la base de production dès les prochaines années.
Objectif 2027 : la puissance énergétique régionale
Grâce à cette dynamique, la production nationale de pétrole devrait passer de 29 481 barils/jour en 2023 à 175 000 barils/jour en 2027, soit une croissance annuelle moyenne de 56 %. Celle du gaz naturel progresserait de 11 % par an sur la même période.
La Côte d’Ivoire combine par ailleurs:
- Un cadre réglementaire attractif (code pétrolier révisé)
- Des découvertes majeures de pétrole et gaz naturel
- Des investissements publics et privés conséquents
Ces facteurs confirment la position du pays comme acteur clé du marché pétrolier ouest-africain et promettent un développement économique soutenu dans le secteur énergétique.
Avec un cadre réglementaire attractif, des découvertes prometteuses et des investissements conséquents, la Côte d’Ivoire est en bonne voie pour devenir un hub pétrolier stratégique sous-régional. Le développement des gisements existants et la mise en valeur des ressources encore inexploitées positionnent le pays comme un acteur incontournable de l’énergie en Afrique de l’Ouest.