Par Dahn Habib Sénamblé – 31 octobre 2025
Le soleil descend doucement sur Bouaké. Dans les rues animées du Quartier Commerce, les klaxons se mêlent aux éclats de rire, les effluves de poisson braisé se mélangent à l’odeur du café noir fraîchement torréfié. Ici, tout bouge, tout parle, tout respire l’âme d’une ville debout.
Ce quartier, les Bouakois l’appellent simplement “le Commerce”. Pour eux, c’est bien plus qu’un lieu. C’est une mémoire, un repère, une fierté.
Une mémoire vivante
Au détour de l’avenue Mamadou Konaté, les vieilles enseignes racontent encore l’histoire d’une cité commerçante qui fut jadis carrefour du pays. Plus loin, la rue Villeneuve-sur-Lot garde le souvenir des liens tissés avec la France, symboles d’une époque où Bouaké s’imposait déjà comme ville d’échanges.
Chaque pavé, chaque façade, porte la trace de ceux qui ont bâti la ville à la sueur de leurs mains, entre foi en l’avenir et attachement à la terre.
La Tour qui veille sur la ville
Et puis, il y a la Tour des Télécoms. On la voit de partout, dressée dans le ciel ivoirien comme une sentinelle. Certains la surnomment “le phare de Bouaké”, d’autres simplement “la Tour”. Majestueuse, elle veille sur la ville, témoin silencieux des rires, des marches, des renaissances.
« Quand on voit la Tour, on sait qu’on est chez nous », glisse Moussa, vendeur ambulant installé à son pied depuis plus de quinze ans.
Une vie qui ne dort jamais
Le Boulevard du Carnaval ne dément pas sa réputation. Tambours, défilés, motos décorées, tenues chatoyantes : c’est ici que Bouaké danse. Le soir, les lampadaires s’allument comme des lucioles et les terrasses se remplissent.
Les enfants jouent à cache-cache autour des kiosques à orange pressée, pendant que les jeunes discutent d’avenir à l’ombre des grands manguiers. Dans ce bouillonnement, chaque jour est une fête, chaque rencontre, une promesse.
Le poumon économique de la cité
Mais le Commerce, c’est aussi le cœur financier de la ville. Entre la rue des banques, le Palais de Justice et les bureaux flambant neufs, les pas résonnent sur le bitume.
Des hommes d’affaires en costume croisent des commerçantes au pagne coloré. Les motos zigzaguent, les billets changent de main, les conversations se font en français, en baoulé, en dioula. C’est tout Bouaké qui s’écrit ici, dans un mélange vibrant d’énergies et d’ambitions.
Beauté, sécurité et modernité
Depuis quelque temps, le quartier s’est refait une beauté. Les lampadaires LED dessinent de longues lignes dorées, les trottoirs sont propres, les espaces verts bien entretenus.
“On se sent mieux ici qu’avant. C’est vivant, mais c’est paisible aussi”, confie Aminata, propriétaire d’un petit restaurant de rue.
Le cœur battant de Bouaké
Au fil des années, le Quartier Commerce a su garder son âme tout en se réinventant. Entre souvenirs d’hier et promesses de demain, il symbolise cette Côte d’Ivoire en mouvement, fière de son identité et tournée vers le progrès.
Ici, passé et avenir se tiennent la main, comme deux vieux amis. Et chaque pas, chaque sourire, chaque regard semble murmurer :
“Bouaké renaît. Venez voir.”