La Rédaction — 30 octobre 2025
Les prix des matières premières devraient chuter en 2026 à leur plus bas niveau depuis six ans, selon le dernier Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, publié mardi. En cause : une croissance économique mondiale atone, une offre pétrolière excédentaire et une incertitude géopolitique persistante.
Le pétrole entraîne la baisse générale
Les cours mondiaux devraient reculer de 7 % en 2025 et 2026, marquant une quatrième année consécutive de baisse. Le Brent est attendu en moyenne à 60 dollars le baril en 2026, contre 68 dollars cette année, son plus bas niveau depuis cinq ans. La production mondiale de pétrole dépasse déjà de 65 % son pic de 2020, tandis que la demande ralentit, notamment en Chine et avec la montée des véhicules électriques.
« Les marchés des produits de base contribuent à stabiliser l’économie mondiale », a souligné Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale. « Ce répit ne durera pas, et les gouvernements devraient en profiter pour assainir leurs finances et encourager les échanges. »
Baisse des denrées alimentaires et des métaux industriels
Les prix des denrées alimentaires devraient également diminuer de 6,1 % en 2025, puis de 0,3 % en 2026. Le soja, le café et le cacao sont orientés à la baisse en raison de récoltes abondantes et d’un repli de la demande.
Les engrais, en revanche, devraient bondir de 21 % en 2025 avant de reculer légèrement l’année suivante, un facteur de pression pour les marges des agriculteurs.
L’or et l’argent, valeurs refuges
Les métaux précieux font figure d’exception : l’or et l’argent atteignent des niveaux record. Le cours de l’or devrait grimper de 42 % en 2025, avant un nouveau gain de 5 % en 2026. Celui de l’argent est attendu en hausse de 34 %, puis de 8 %. Une tendance portée par la demande des banques centrales et la recherche d’actifs sûrs dans un contexte incertain.
Un équilibre fragile
La Banque mondiale avertit que la baisse pourrait s’accentuer si la croissance reste faible et que l’offre pétrolière augmente. À l’inverse, des tensions géopolitiques, de nouvelles sanctions ou des conditions climatiques extrêmes pourraient faire rebondir les prix.
L’essor de l’intelligence artificielle, très énergivore, pourrait également soutenir la demande d’électricité, d’aluminium et de cuivre. « La baisse des prix du pétrole offre aux économies en développement la possibilité d’avancer des réformes budgétaires et de créer des emplois », a estimé Ayhan Kose, directeur des perspectives économiques à la Banque mondiale.
Leçons du passé
Le rapport rappelle que les accords internationaux sur les produits de base ont rarement eu des effets durables sur la stabilité des prix, à l’exception partielle de l’OPEP, dont l’influence s’érode face à la concurrence. L’institution recommande d’investir dans la diversification, la technologie et la transparence des marchés plutôt que dans des mécanismes de contrôle des prix.