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Politique

Organisation des élections en Côte d’Ivoire

Ibrahime Coulibaly-Kuibiert très ferme: ''La CEI ne doit même pas exister''

Organisation des élections en Côte d’Ivoire

Par la rédaction – 30 octobre 2025

Alors qu’il tenait une réunion d'information et d'échanges avec les partis ou groupements politiques et l’ensemble des citoyens désireux de faire acte de candidature aux élections des Députés à l'Assemblée Nationale, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a surpris jeudi 30 octobre 2025, en évoquant la possible dissolution de l’institution après les élections législatives prévues avant la fin de l’année. Une déclaration lourde de sens dans un pays où la question électorale reste au cœur des tensions politiques.

« Pour préserver la paix, il faut un autre format »

Face aux candidats potentiels réunis à Abidjan, le président de la CEI n’a pas mâché ses mots. « Mon avis est que la Commission électorale indépendante ne doit même plus exister. Après ces élections, il faut voir autre chose. Pour préserver la paix en Côte d’Ivoire, il faut un autre format », a-t-il lancé, déclenchant un silence lourd dans la salle.

Cette prise de position, à la fois audacieuse et symbolique, répondait à l’interpellation d’un candidat indépendant se plaignant de l’absence de représentants des indépendants au sein de la CEI.

Selon M. Coulibaly-Kuibiert, une réforme de fond s’impose pour repenser le modèle électoral ivoirien, trop politisé et souvent perçu comme une source de méfiance plutôt que de confiance.

Un débat institutionnel relancé

En poste depuis 2019, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert achèvera son mandat à la fin du cycle électoral de 2025. Son appel à une refonte de la CEI résonne comme une invitation à tourner la page d’un système accusé d’avoir souvent accompagné, voire alimenté, les crises postélectorales depuis 2000.

Pour plusieurs observateurs, cette déclaration traduit la volonté de lancer un chantier de réforme structurelle : celui d’un organe électoral plus neutre, à compétence purement technique, à l’image de certains modèles africains comme au Ghana ou au Cap-Vert.

Mais elle pourrait aussi ouvrir une nouvelle zone d’incertitude, dans un contexte politique encore fragile après la présidentielle du 25 octobre dernier.

Réactions et prudence politique

Aucune réaction officielle du gouvernement n’a été enregistrée, mais le sujet suscite déjà un vif intérêt au sein de la société civile. Des consultations nationales pourraient être envisagées après les législatives, selon des sources proches du ministère de l’Intérieur.

Pour l’heure, la CEI poursuit ses préparatifs pour le scrutin législatif de décembre, sous le regard attentif des acteurs politiques et des observateurs internationaux.

La CEI, entre méfiance et nécessité

Créée en 2000 après la crise électorale de la fin des années 1990, la Commission électorale indépendante (CEI) devait incarner une réponse institutionnelle à la défiance entre les partis politiques.

Son rôle : organiser et superviser les scrutins pour en garantir la transparence, la régularité et l’équité.

Mais dès ses premières années, la CEI s’est retrouvée au cœur des polémiques. Accusée d’être dominée par le pouvoir en place, contestée par l’opposition et critiquée par les observateurs internationaux, elle a souvent été perçue comme un acteur partisan plutôt qu’un arbitre neutre.

Les crises postélectorales de 2010-2011 puis de 2020 ont encore renforcé ces suspicions.

Depuis, plusieurs réformes ont tenté d’en rééquilibrer la composition sans jamais totalement apaiser les doutes. Le débat ouvert par son président marque peut-être le début d’une refondation nécessaire, mais aussi un pari risqué pour la stabilité politique du pays.


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