Nahio (Haut-Sassandra, Centre-Ouest ivoirien), 29 octobre 2025 — Les violences survenues dans la localité de Nahio, dans la commune de Saioua, après le scrutin présidentiel du 25 octobre, continuent de susciter une vague d’indignation à travers le pays. Plusieurs leaders politiques ont condamné avec fermeté ces affrontements, qui auraient fait plusieurs morts, des blessés et d’importants dégâts matériels, selon des sources locales concordantes.
Des témoignages recueillis sur place évoquent des attaques ciblées contre des habitations et des commerces, causant l’incendie d’une vingtaine de maisons et plongeant la population dans un profond désarroi.
Simone Ehivet Gbagbo appelle à l’apaisement
Dans un communiqué empreint d’émotion, la présidente du Mouvement des Générations Capables (MGC), Docteure Simone Ehivet Gbagbo, a condamné sans réserve ces violences qu’elle qualifie d’« inacceptables et contraires aux valeurs de paix, de fraternité et de démocratie ».
« Aucune divergence politique ne saurait justifier que des vies humaines soient sacrifiées », a-t-elle déclaré, tout en appelant les autorités à faire toute la lumière sur ces événements et à protéger les populations civiles.
L’ancienne Première dame a également exhorté l’ensemble de la classe politique à faire preuve de responsabilité et de retenue, insistant sur la nécessité de « préserver la paix et la cohésion nationale ».
Ahoua Don Mello exige une enquête impartiale
De son côté, le candidat à la présidentielle Ahoua Don Mello a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux atrocités commises à Nahio, comparant la situation actuelle à celle de Daoukro en 2020, lors des violences post-électorales.
« Le chaos dans lequel sont plongées les populations de Nahio rappelle de tristes souvenirs. Il faut que toute la lumière soit faite sur ces crimes », a-t-il plaidé.
L’ancien ministre a demandé l’ouverture d’une enquête immédiate et impartiale, dénonçant un possible recours excessif à la force. Il a également annoncé son intention de se rendre personnellement à Nahio dans les prochains jours pour témoigner son soutien aux populations sinistrées.
Le gouvernement assure que la situation est sous contrôle
Interrogé sur le drame, le ministre Mamadou Touré a, pour sa part, assuré que les autorités compétentes se sont saisies du dossier et que des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs et commanditaires des violences.
« Ces événements sont le résultat de manipulations. Certains ont voulu empêcher le vote et ont déclenché des affrontements en s’en prenant à des commerces », a-t-il expliqué, avant de saluer « l’intervention rapide des forces de sécurité », qui aurait permis de rétablir le calme.
Selon le ministre, la situation à Nahio serait désormais sous contrôle, même si la tension reste palpable dans plusieurs localités du Haut-Sassandra.
Une crise post-électorale sous surveillance
Alors que le scrutin présidentiel du 25 octobre s’est globalement déroulé dans le calme, les violences localisées de Nahio ravivent le spectre des tensions politiques et communautaires dans certaines zones rurales. Des organisations de la société civile appellent à une vigilance accrue pour éviter une extension des affrontements.
Les regards se tournent désormais vers les autorités judiciaires et sécuritaires, appelées à faire toute la lumière sur cette tragédie afin de préserver la crédibilité du processus électoral et la stabilité du pays.
La Rédaction