Dans un climat politique sous tension, marqué par la méfiance entre camps politiques et la crainte d’incidents électoraux, la Commission Électorale Indépendante (CEI) tente d’imposer le ton de la rigueur et du calme. À Abidjan, son président, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a rappelé aux missions d’observation étrangères les limites de leur rôle, à l’heure où la Côte d’Ivoire s’apprête à voter.
À quelques heures du scrutin présidentiel du 25 octobre, le président de la Commission Électorale Indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a réuni ce jeudi 23 octobre, à Abidjan-Cocody, soixante-quatorze structures internationales d’observation électorale. Dans un contexte de fortes attentes et de méfiance latente entre acteurs politiques, la rencontre visait à clarifier les rôles de chacun.
Face à une salle remplie de diplomates, d’experts et de représentants d’organisations internationales, le président de la CEI a tenu à poser le cadre : « Un observateur, ce n’est pas un contrôleur. Il vient regarder, vérifier si les choses se font conformément aux règles, et proposer des pistes d’amélioration. »
Ce rappel, prononcé sur un ton à la fois ferme et pédagogique, traduisait une volonté claire de préserver la souveraineté institutionnelle de la Côte d’Ivoire à la veille d’un scrutin crucial. « Il ne s’agit pas d’être les chefs. Il ne s’agit pas d’aller jouer les juridictions. Vous n’êtes pas des juridictions », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris d’une partie de l’assistance.
Derrière cette mise au point, un message politique affleurait : l’État ivoirien entend garder la maîtrise de son processus électoral, tout en accueillant la présence d’observateurs étrangers comme un gage de transparence, mais non d’ingérence.
Sur le plan technique, Coulibaly-Kuibiert a voulu rassurer. La CEI, a-t-il rappelé, dispose de tous les éléments nécessaires au bon déroulement du vote : « Pour qu’il y ait une élection, il faut des électeurs, des candidats et une organisation. Nous avons ces trois éléments. » Selon les données officielles, la liste électorale révisée compte 8 727 431 électeurs, cinq candidats ont été retenus par le Conseil constitutionnel, et plus de 600 commissions locales sont mobilisées sur l’ensemble du territoire.
Revenant à l’essence du vote démocratique, il a tenu à rappeler sa philosophie : « L’élection est la rencontre entre l’offre sociale du candidat et l’adhésion de l’électeur. Le candidat propose, l’électeur dispose. »
Conscient des tensions qui accompagnent souvent les scrutins en Côte d’Ivoire, le président de la CEI a cherché à désamorcer les craintes : « L’élection fait peur, mais nous osons croire qu’il y aura plus de peur que de mal », a-t-il confié, appelant à la sérénité et à la confiance.
Déterminé à mener le processus à terme, il a réaffirmé sa position sans ambiguïté : « Nous allons exécuter notre mission, vaille que vaille, sur toute l’étendue du territoire. Force doit rester à la loi. »
En conclusion, Coulibaly-Kuibiert a invité les observateurs à s’imprégner du code de conduite électoral, insistant sur le fait que leurs rapports devront servir à « renforcer la gouvernance électorale » plutôt qu’à alimenter la polémique. « Faites en sorte que vos observations nous permettent de progresser. C’est cela le sens de votre présence parmi nous », a-t-il lancé, dans un ton mêlant autorité et ouverture.
La Rédaction