La campagne pour l’élection présidentielle du samedi 25 octobre 2025 s’achève ce jeudi 23 octobre, à minuit. Cinq candidats sont en lice, dont le Président sortant Alassane Ouattara.
Durant deux semaines, les candidats ont sillonné le pays pour présenter leurs programmes et convaincre les électeurs. La campagne s’est déroulée dans un climat globalement calme, même si des tensions ont été signalées par endroits.
Des programmes variés mais avec un seul objectif, faire de la Côte d’Ivoire un pays développé et moteur de la croissance sous-régionale. Chaque candidat a mis en avant ses priorités.
Le président Alassane Ouattara insiste sur la stabilité du pays, le capital humain et le développement des infrastructures.
Jean-Louis Billon du CODE a défendu une « économie des Ivoiriens », misant sur la relocalisation industrielle et la souveraineté économique.
Simone Ehivet Gbagbo (MGC) a fait campagne sur fond de justice sociale, réconciliation et de transparence dans le développement économique.
Quant à Ahoua Don Mello, il a prôné une rupture avec « le modèle libéral qui enrichit l’extérieur plus que le pays ».
Henriette Lagou, enfin, a axé son message sur la cohésion sociale et le rôle des femmes dans la réconciliation nationale.
Une diversité de discours qui, au fond, traduit le clivage entre la continuité institutionnelle et le désir de renouveau.
Quelques tensions signalées
Malgré une campagne globalement apaisée, certains incidents ont été rapportés. À Yamoussoukro, des manifestants ont incendié le siège local de la Commission électorale indépendante (CEI). L’institution assure que cela n’aura pas d’impact sur le scrutin, le matériel électoral étant stocké ailleurs.
Par ailleurs, le procès des manifestants arrêtés lors d’une marche de l’opposition le 11 octobre se poursuit. Environ 700 personnes ont été interpellées, dont 80 déjà condamnées à trois ans de prison pour « troubles à l’ordre public ».
L’ombre de Laurent Gbagbo
L’ancien président Laurent Gbagbo, recalé du scrutin, s’est exprimé à la fin de la campagne. Dans une interview, il a apporté son soutien à ceux qui protestent contre ce qu’il qualifie de « braquage électoral ». Il accuse le pouvoir d’avoir verrouillé le processus et parle de « coup d’État civil ».
Ces déclarations ravivent les tensions, même si le camp présidentiel appelle au calme et à la responsabilité.
Un scrutin décisif
La présidentielle de 2025 est considérée comme un moment clé pour la Côte d’Ivoire. Le pays affiche une croissance solide, mais fait toujours face à des inégalités sociales et à un fort chômage des jeunes. Les électeurs devront donc choisir entre la continuité promise par le pouvoir en place et le changement prôné par l’opposition. Le scrutin de samedi dira si les Ivoiriens privilégient la stabilité ou aspirent à un nouveau départ.
La Rédaction