Depuis plus d’une décennie, la Côte d’Ivoire s’impose comme l’une des économies les plus performantes d’Afrique subsaharienne, conciliant solidité, résilience et ambition.
La Côte d’Ivoire reste l’un des moteurs économiques les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest. Dans son dernier rapport de suivi, le Groupe de la Banque mondiale dresse un tableau globalement positif des performances économiques et sociales du pays, tout en soulignant les défis persistants en matière d’inclusion, de gouvernance et de soutenabilité budgétaire.
Une décennie de transformation et de résilience
Premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, la Côte d’Ivoire affiche depuis plus d’une décennie une croissance impressionnante. Entre 2012 et 2019, le PIB réel a progressé en moyenne de 8,2 %, et même la pandémie de COVID-19 n’a pas brisé cet élan : le pays a maintenu 2 % de croissance en 2020, puis a rebondi à 6 % en 2024.
Cette trajectoire conforte la position d’Abidjan comme plaque tournante régionale et hub économique de la CEDEAO. L’économie ivoirienne est désormais engagée dans une stratégie de diversification, cherchant à réduire sa dépendance aux matières premières pour s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales. La transformation du cajou en est un exemple emblématique, avec plus de 330 000 tonnes de produits transformés exportés en 2024.
Stabilité politique et climat d’investissement
À la veille de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, le climat politique reste globalement stable. Malgré les débats autour de la candidature du Président Alassane Ouattara à « un quatrième mandat », la situation sociale demeure apaisée, un facteur clé pour la confiance des investisseurs étrangers.
Le pays est aujourd’hui considéré comme une plaque tournante régionale, notamment pour la CEDEAO, grâce à la solidité de ses infrastructures, la modernisation du port d’Abidjan, et l’essor du numérique.
Des fondamentaux solides, mais une marge budgétaire limitée
Avec une croissance moyenne du PIB réel de 6,5 % entre 2021 et 2023, et une inflation contenue à 3,5 %, la performance ivoirienne dépasse largement la moyenne régionale (3,2 %).
La Banque mondiale estime que la Côte d’Ivoire surpasse la moyenne mondiale (2,8 %) et régionale (3,2 %) en matière de croissance, confirmant sa position de locomotive économique de l’UEMOA.
Le Plan national de développement 2021-2025 : moteur de la transformation mobilise près de 100 milliards de dollars, un niveau d’ambition inédit. Même si son financement exige une discipline accrue et une meilleure mobilisation des recettes internes, ce plan vise à accélérer la transformation structurelle du pays, à renforcer la gouvernance et à améliorer le capital humain.
Selon la Banque mondiale, « la Côte d’Ivoire doit poursuivre les réformes pour renforcer la transparence, la discipline budgétaire et la compétitivité de son économie ».
Trois priorités stratégiques du partenariat Banque mondiale - Côte d’Ivoire
Le Cadre de partenariat-pays (CPF 2023-2027) s’aligne sur la Vision 2030 du gouvernement et repose sur trois piliers : renforcer le capital humain et le contrat social entre l’État et les citoyens ; réduire les disparités régionales en favorisant une croissance inclusive ; stimuler l’investissement privé et la création d’emplois de qualité.
Le portefeuille actuel de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire atteint 5,2 milliards de dollars, répartis sur 26 projets, principalement dans la gouvernance, les infrastructures et le développement durable.
Des progrès sociaux tangibles
Sur le plan social, le rapport met en avant des avancées notables : « 63 % des Ivoiriens sont désormais inscrits à la Couverture sanitaire universelle (CSU), soit près de 28 millions de personnes. Le programme de filets sociaux productifs a soutenu 400 000 ménages pauvres via des transferts monétaires numériques et des aides à la création d’activités. Dans l’éducation, plus de 63 000 enfants ont bénéficié du programme « Mon enfant apprend mieux à l’école », qui améliore les compétences de base en lecture et en mathématiques. Enfin, près de 2 millions de personnes supplémentaires ont désormais accès à l’eau potable grâce au renforcement des infrastructures urbaines ».
Le rôle du secteur privé et des institutions financières
La Société financière internationale (IFC), bras privé du Groupe de la Banque mondiale, a investi 761 millions de dollars dans le pays en 2025, concentrés sur les infrastructures, l’agro-industrie et le financement des PME. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) soutient, quant à elle, plusieurs projets structurants : le pont de Hong Kong, l’extension de la centrale d’Azito, le développement hôtelier de Kasada, ou encore des initiatives dans les énergies propres et la pharmacie locale.
Un modèle africain en transition
Pour la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire incarne le modèle d’un pays africain en transition réussie, à la fois ambitieux et résilient. Mais elle reste confrontée à un défi majeur : transformer sa croissance en prospérité partagée, notamment pour la jeunesse et les régions rurales. L’enjeu des prochaines années sera donc de concilier discipline budgétaire, justice sociale et compétitivité, afin d’assurer une trajectoire durable vers le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur à l’horizon 2030.
La Rédaction
Sources infos: https://www.banquemondiale.org/fr/country/cotedivoire/overview#2