Lire, se lire et être lu....

Politique

Présidentielle 2025 | Entre dénonciation et stratégie

Le poids d’un silence brisé, Gbagbo dénonce un “coup d’État civil” et apporte son soutien aux manifestants

Présidentielle 2025 | Entre dénonciation et stratégie

À trois jours du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne, prévu le 25 octobre 2025, l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo est sorti de son silence. Dans une interview exclusive accordée à AFO Média, mercredi 22 octobre, le fondateur du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé avec virulence un processus électoral qu’il juge « biaisé » et « confisqué ». « Ce n’est pas une élection, c’est un coup d’État civil », lâche-t-il.

Revenant sur le rejet de sa candidature par le Conseil constitutionnel, au motif de sa radiation de la liste électorale à la suite d’une condamnation pénale, Laurent Gbagbo estime que le scrutin est « vidé de sa substance démocratique ». « Ceux qui peuvent gagner ces élections ont été écartés. Ce n’est pas une élection, c’est un coup d’État civil. C’est un braquage », déclare-t-il d’un ton ferme.

Le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) devenu leader du PPA-CI accuse le pouvoir d’avoir verrouillé le jeu politique, en référence aussi à l’invalidation de la candidature de Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Soutien aux manifestants anti-4e mandat

Alors que des manifestations éclatent dans plusieurs villes contre la candidature controversée d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat, Laurent Gbagbo s’est dit solidaire des protestataires. « Moi, je ne leur demande pas de descendre dans la rue. Mais je vais dire que ceux qui manifestent contre ce braquage électoral, je les soutiens », a-t-il déclaré, tout en condamnant les violences qui ont fait quatre morts et conduit à plus de soixante condamnations pour “troubles à l’ordre public”. Cette prise de position ravive les clivages d’une campagne déjà tendue, marquée par les appels à la désobéissance civile lancés par plusieurs mouvements d’opposition.

Dans cet entretien de 52 minutes, Laurent Gbagbo s’est également désolidarisé de la candidature d’Ahoua Don Mello, ex-membre du PPA-CI désormais exclu du parti. « Sa candidature n’a jamais été un débat au sein du parti », a précisé l’ancien président, affirmant ne soutenir aucun candidat.

À 80 ans, Gbagbo, toujours influent dans l’électorat du sud et du centre-ouest du pays, choisit la parole mesurée mais percutante. Son discours, entre amertume et défi, résonne comme une mise en garde contre une élection jugée verrouillée et une tentative de réhabilitation politique, à distance des urnes.

La Rédaction

Partager cet article

Slogan : Lire, se lire et être lu....

© www.infos-plurielles.net. Tous droits réservés.