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Politique

PPA-CI| Vie politique active

Laurent Gbagbo annonce son retrait progressif

PPA-CI| Vie politique active

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a annoncé, mercredi 22 octobre 2025, qu’il allait se retirer progressivement des fonctions politiques actives, tout en demeurant à la tête du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). À 80 ans, le fondateur du mouvement entend passer le relais à une nouvelle génération, sans pour autant se retirer complètement de la sphère politique.

« Je m’interdirai d’occuper des fonctions politiques, aussi bien à l’intérieur de mon parti où je serai président qu’à l’extérieur, que dans l’État », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à la presse.

Un départ mesuré, pas une retraite

Laurent Gbagbo, connu pour son franc-parler, a tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas d’une retraite politique au sens strict. « En politique, il n’y a pas de retraite », a-t-il affirmé, avant de reconnaître que « l’âge finit par imposer ses limites ».

Selon lui, à 80 ans, il devient naturel de laisser la place aux plus jeunes : « À 80 ans, on n’est pas en pleine santé. Plus l’âge avance, notre santé n’est plus la même », a-t-il admis avec franchise.

Cette décision marque une étape importante dans le parcours de celui qui a dirigé la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, avant d’être renversé à la suite de la crise postélectorale. Après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) et son retour triomphal à Abidjan en 2021, Laurent Gbagbo avait relancé son engagement politique en fondant le PPA-CI, un parti positionné comme l’héritier idéologique du Front populaire ivoirien (FPI) originel.

Un message implicite aux dirigeants africains

Fidèle à son image d’homme libre, Laurent Gbagbo a profité de cette annonce pour se démarquer de certains chefs d’État africains qui s’accrochent au pouvoir malgré l’âge ou la contestation. « C’est leur choix, ce n’est pas le mien. Moi, j’ai assez donné. Et puis, on peut faire de la politique sans chercher à occuper de fonctions », a-t-il lancé, dans une allusion à peine voilée aux dirigeants qui briguent de nouveaux mandats à un âge avancé.

Cette déclaration intervient dans un contexte politique tendu, alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à vivre une nouvelle élection présidentielle en 2025, et que la perspective d’un quatrième mandat du président Alassane Ouattara provoque des remous au sein de la classe politique et de la société civile.

Un rôle d’influence et de transmission

S’il se retire des fonctions exécutives, Laurent Gbagbo n’envisage pas de se taire. Il souhaite continuer à jouer un rôle d’orientation, de conseil et de réflexion au sein du PPA-CI et sur la scène politique nationale. « On peut faire de la politique sans chercher à occuper des fonctions », a-t-il insisté, laissant entendre qu’il se voit désormais comme un mentor, plus que comme un acteur au premier plan.

Ce repositionnement confirme la volonté du leader historique de préparer sa succession et de consolider son héritage politique. Plusieurs figures de la nouvelle génération du PPA-CI, notamment Justin Koné Katinan, Damana Pickass ou Habiba Touré, apparaissent déjà comme des visages prometteurs de cette relève.

Une transition à surveiller

Le retrait progressif de Laurent Gbagbo pourrait redéfinir l’équilibre des forces au sein de l’opposition ivoirienne. Figure emblématique, symbole de résistance et de résilience, il reste pour beaucoup de militants la référence morale et idéologique d’un combat entamé il y a plus de quarante ans.

En se plaçant désormais en retrait des batailles partisanes, Laurent Gbagbo semble vouloir endosser le rôle du sage, du patriarche politique observant la suite des événements avec recul, mais sans indifférence. Son influence, elle, demeure intacte.

La Rédaction


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