À quelques jours du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025, le mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), dirigé par le député Assalé Tiémoko Antoine, a décidé de ne soutenir aucun des candidats en lice. Une position de neutralité revendiquée, que le mouvement justifie par un appel à la responsabilité nationale dans un climat politique tendu.
Dans une déclaration transmise le 21 octobre à Abidjan.net, le secrétaire exécutif d’ADCI, Roger Youan, explique que la décision est issue d’une « large consultation de la base militante ».
« Après de nombreux échanges, tout en remerciant les candidats qui ont approché ADCI pour solliciter leur soutien, nous avons choisi de n’apporter notre appui à aucun d’entre eux », précise-t-il.
Le mouvement d’Assalé Tiémoko, connu pour son ton indépendant et sa critique de la gouvernance actuelle, affirme vouloir rester du côté des forces démocratiques et citoyennes. ADCI appelle surtout à l’ouverture d’un dialogue national, au-delà des calculs partisans, pour éviter à la Côte d’Ivoire « une autre grave crise socio-politique qui serait de trop ».
« Il vaut mieux se retrouver face-à-face autour d’une table pour se parler sincèrement, plutôt que face-à-face dans les rues », insiste le texte.
Ce choix intervient dans un contexte de tensions préélectorales : manifestations interdites, attaques de sièges locaux de la Commission électorale indépendante, et méfiance entre camps politiques. ADCI a d’ailleurs dénoncé, dans le même communiqué, l’interdiction d’une marche de l’opposition, estimant que « la marche républicaine et démocratique ne tue pas et ne crée aucun désordre », contrairement, selon lui, « aux interdictions arbitraires ».
Pour rappel, la candidature d’Assalé Tiémoko Antoine à la présidentielle avait été déclarée irrecevable par le Conseil constitutionnel pour insuffisance de parrainages. Le député de Tiassalé, figure d’une nouvelle génération politique, s’était alors posé en défenseur du civisme, appelant à un renouveau moral et institutionnel du pays.
À quelques jours du vote, son mouvement choisit donc la distance, préférant le rôle d’observateur vigilant à celui d’allié politique, dans une campagne où les alliances se font et se défont à mesure que monte la tension.
La Rédaction