Après les incidents du 11 octobre lors des manifestations anti- « 4e mandat », les populations de la Mé (Sud ivoirien) ont exprimé publiquement leurs regrets au président Alassane Ouattara et à leur fils Patrick Achi. Une cérémonie empreinte d’émotion et d’appel à la réconciliation s’est tenue à Adzopé, ce dimanche 19 octobre 2025.
C’est à la maison de la culture d’Adzopé, dans une atmosphère solennelle et émue, que chefferie, jeunes et femmes de la région de la Mé se sont réunis pour présenter leurs excuses au chef de l’État, Alassane Ouattara, et à leur fils, Patrick Achi, ministre d’État et conseiller spécial du président.
Ces excuses font suite aux manifestations violentes survenues le 11 octobre dernier, en réaction à l’appel du front commun PDCI-RDA / PPA-CI, opposé à un « 4e mandat » du président sortant.
« Nous avons honte » : la jeunesse reconnaît ses erreurs. S’exprimant au nom des jeunes, Kouachi Kouachi Jules, porte-parole des associations de jeunesse de la région, a livré un discours chargé d’émotion : « Comment le dire, Monsieur le Premier ministre ? Nous avons honte. Nous regrettons amèrement ces actes de vandalisme », a-t-il déclaré, presque en sanglot.
Reconnaissant avoir « jeté l’opprobre sur la jeunesse de la Mé », il a supplié la clémence de Patrick Achi pour « restaurer l’honneur et la dignité » des jeunes de la région.
La chefferie implore la clémence du Chef de l’État. Les chefs de cantons et de villages ont pris la parole pour appuyer cette démarche de pardon.
« Nous, chefs de cantons, chefs de villages de la région de la Mé, profondément attachés à la paix, à la cohésion sociale et aux valeurs républicaines, venons ici avec un profond sens de la responsabilité présenter nos excuses sincères pour les actes posés par certains de nos fils aux institutions de la République », a déclaré le chef du village de Djangobo, porte-parole de la chefferie.
Dans une motion lue devant l’assistance, les autorités coutumières ont réaffirmé leur attachement à la paix, à la cohésion sociale et aux valeurs républicaines, tout en remerciant le président Ouattara pour les actions de développement menées dans la région.
À l’endroit de Patrick Achi, elles ont également exprimé leur soutien indéfectible, le qualifiant d’« homme de paix et de développement ».
En réponse, Patrick Achi s’est dit touché par ces marques d’humilité et de responsabilité : « Je suis heureux de voir que vous êtes peinés par ce qui est arrivé. Ce que nous considérons comme un petit incident a pris de l’ampleur parce que nous sommes dans une période sensible », a-t-il déclaré.
L’ancien Premier ministre a exhorté les populations à transformer leurs paroles en actes, en favorisant des élections apaisées le 25 octobre prochain. « Que chacun témoigne de son attachement à la paix en faisant en sorte que ce scrutin soit calme et digne de notre pays », a-t-il insisté.
En ce geste, un symbole de réconciliation : cette rencontre, empreinte de gravité mais aussi d’espoir, marque un tournant symbolique pour la région de la Mé à quelques jours du vote. Les leaders coutumiers et la jeunesse ont voulu montrer une image d’unité retrouvée et de responsabilité collective, dans l’esprit de la cohésion nationale prônée par le président Ouattara.
La Rédaction