À dix jours du scrutin présidentiel, la Côte d’Ivoire bruisse de promesses. Mais rares sont les candidats à replacer le débat sur son terrain le plus déterminant : celui de l’économie réelle et de la souveraineté nationale. Dr Ahoua Don Mello, ingénieur et ancien directeur général du BNETD, en a fait le cœur de sa campagne. Face au patronat ivoirien, il a déroulé ce vendredi 17 octobre 2025, un projet de société qui se veut à la fois technique et politique : changer la Côte d’Ivoire par la refondation économique.
Invité de la tribune « Face au Patronat » de la CGECI, le candidat indépendant a défendu ses 42 propositions articulées autour de la triptyque « souveraineté économique, panafricanisme et démocratie ». Un positionnement rare dans une campagne souvent dominée par les bilans et les promesses sociales. Pour lui, la première bataille du pays se joue sur le terrain de la production : « La Côte d’Ivoire est devenue un supermarché pour l’Europe et pour la Chine », déplore-t-il, avant d’ajouter : « Nous devons passer d’une économie dominée à une économie championne d’Afrique. »
Le ton est posé, presque professoral, mais le message est clair : la dépendance économique mine la puissance politique. Don Mello appelle à une révolution industrielle et énergétique, appuyée sur la technologie et la transformation locale des richesses. Cette ambition passe par une refonte de la gouvernance publique : lutte contre la corruption, pédagogie fiscale et justice économique. « L’État doit être l’arbitre entre les PME et les multinationales », martèle-t-il, plaidant pour la création d’un fonds souverain capable de soutenir les entreprises nationales et de préserver les actifs stratégiques.
Cette approche révèle une vision : celle d’un État stratège, garant des équilibres entre initiative privée et intérêt national. En dénonçant « une injustice fiscale et une fraude structurelle », le candidat pointe les failles d’un modèle où le secteur privé local reste souvent le parent pauvre des politiques économiques.
Au-delà du discours technique, c’est bien une lecture politique de la souveraineté que propose Ahoua Don Mello. Dans une Côte d’Ivoire traversée par la question du partage de la richesse et de la place de l’État, son projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur la maîtrise du destin économique. Sa candidature incarne cette tension entre technocratie et politique, entre le pragmatisme de l’ingénieur et l’ambition du patriote.
Reste à savoir si cette vision trouvera un écho dans une élection où la popularité et les appartenances partisanes pèsent souvent plus lourd que les idées. Mais une chose est certaine : Don Mello a replacé la souveraineté économique au cœur du débat politique ivoirien. Et dans un pays où la croissance ne rime pas toujours avec autonomie, ce simple fait mérite d’être souligné.
La Rédaction