‘‘Les autorités guinéennes fixent le délai de conformité au 25 mai prochain’’
Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi
Conakry, 1er mars 2026 – Les autorités guinéennes ont adressé une mise en demeure aux partis politiques afin qu’ils se conforment à la nouvelle législation en vigueur depuis l’adoption et la promulgation de la Constitution en septembre 2025, une décision qui suscite l’indignation de l’opposition.
Les formations politiques disposent d’un délai expirant le 25 mai pour satisfaire à une série d’exigences administratives, sous peine de perdre leur statut juridique.
Mise en conformité obligatoire
Parmi les obligations figurent l’actualisation des statuts et règlements intérieurs, l’organisation de congrès extraordinaires de mise en conformité à tous les niveaux ainsi que la production de justificatifs de siège dans chaque préfecture du pays.
Des partis majeurs comme le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), fondé par l’ex-président Alpha Condé, et l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, suspendus depuis le 25 novembre 2025, sont concernés par cette injonction.
Le Premier ministre Amadou Oury Bah a assuré que la loi s’appliquerait « à tous », estimant que certaines formations avaient adopté des « attitudes hors des critères établis » par l’administration en charge de la gestion de l’espace politique. « S’ils estiment qu’ils ont des privilèges au-delà de ce qui est légal, la légalité s’imposera », a-t-il déclaré.
L’opposition vent debout
Pour plusieurs responsables de l’opposition, ces nouvelles règles visent en réalité à affaiblir durablement les partis critiques du pouvoir.
Le leader du Parti du renouveau et du progrès (PRP), Rafiou Sow, accuse le gouvernement de chercher à « détruire nos partis politiques » et affirme que « l’opposition, la vraie, est muselée et interdite de toute activité ».
De son côté, Faya Millimouno, président du Bloc libéral, s’interroge sur le calendrier de cette mise en conformité, à moins d’un mois des élections législatives et locales. Selon lui, « l’administration publique perd sa neutralité » et « l’espace civique se rétrécit dangereusement », évoquant la suspension de partis, la fermeture de médias et l’interdiction de manifestations.
Ultimatum fixé au 25 mai
Les autorités ont prévenu que tout parti n’ayant pas rempli les obligations prévues d’ici au 25 mai perdra automatiquement son statut juridique.