‘‘La CEDEAO prépare ses premières opérations militaires communes dès 2026’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Freetown, (Tchad) 27 février 2026 – Les chefs d’état-major des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont défini pour la première fois avec précision les contours d’une future « force en attente » destinée à lutter contre le terrorisme et l’insécurité dans la sous-région, au terme de trois jours de réunion à Freetown.
Réunis dans la capitale sierra-léonaise, les hauts gradés ouest-africains ont convenu de la mise sur pied d’un dispositif militaire conjoint qui devrait, dans un premier temps, être composé d’environ 2 000 soldats. Ces troupes resteront stationnées dans leurs pays respectifs mais pourront être mobilisées pour des opérations communes.
Un dépôt logistique à Freetown
Selon le schéma arrêté, un dépôt logistique commun sera installé à Freetown, en Sierra Leone, dont le président, le général Julius Maada Bio, assure actuellement la présidence en exercice de l’organisation régionale.
Le Nigeria, poids lourd démographique et militaire de la sous-région, devrait figurer parmi les principaux contributeurs en effectifs.
Cette « force en attente » aura pour mission de conduire des opérations militaires conjointes contre les groupes armés et de contribuer à la préservation de la démocratie dans un contexte régional marqué par une multiplication des crises sécuritaires et des transitions politiques.
Financement prioritairement interne
Les chefs d’état-major ont également insisté sur la nécessité d’un financement principalement assuré par les États membres. « Il n’est pas normal que, pour assurer notre sécurité, l’argent vienne totalement d’Europe », a déclaré l’un des participants à la rencontre, soulignant la volonté d’une plus grande autonomie stratégique.
La question des ressources reste toutefois cruciale pour une organisation confrontée à des contraintes budgétaires et à des besoins opérationnels importants.
Répondre à la menace jihadiste
La décision intervient alors que les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest s’inquiètent de la progression vers le sud de groupes jihadistes jusque-là actifs principalement dans la région du Sahel.
Plusieurs experts estiment qu’une coopération militaire renforcée et un meilleur partage du renseignement sont indispensables pour contenir cette expansion. Certains plaident également pour un dialogue opérationnel accru entre les États membres de la CEDEAO et ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES), dirigés par des militaires arrivés au pouvoir par des coups d’État.
Avant de quitter Freetown, les chefs militaires se sont fixé pour objectif de lancer dès cette année les premières opérations conjointes, marquant une nouvelle étape dans la réponse sécuritaire régionale face à une menace qualifiée de persistante et évolutive.