‘‘L’initiative a été saluée par les enseignants et autorités locales’’
Par Idress Abkar
Bodokro (Centre ivoirien), 17 février 2026 – À l’occasion de la Journée internationale de l’épilepsie, Médecins Sans Frontières (MSF) a organisé mardi à Bodokro, dans la région de Gbêkê, une campagne de sensibilisation destinée à briser les préjugés envers les élèves épileptiques et renforcer la connaissance de la maladie au sein du système éducatif.
Placée sous le thème « Épilepsie en milieu scolaire, parlons-en pour combattre les préjugés ! », cette initiative s’est déroulée au foyer Henri Konan Bédié en présence des autorités administratives, municipales et éducatives locales. Deux conférences ont ponctué la journée : le professeur Karidioula Hiênêya Armel, neurologue-épileptologue, a abordé le thème central, tandis que le Dr Djo Bi Djo, maître-assistant à l’Université Alassane Ouattara et directeur de l’Hôpital Psychiatrique de Bouaké, a présenté l’approche psychosociale des patients épileptiques.
Le porte-parole de MSF, Kouamé Kouassi Laurent, a rappelé que cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Santé mentale et Épilepsie » (SME), lancé en 2021 en partenariat avec le ministère de la Santé. Selon lui, « l’épilepsie touche de nombreux enfants en âge scolaire, et trop souvent, ces enfants sont victimes de moqueries, de stigmatisations ou d’exclusions ».
Il a insisté sur le fait que « l’épilepsie n’est pas contagieuse ; les crises ne définissent pas la valeur d’un enfant ; avec un accompagnement adapté, les élèves épileptiques peuvent réussir aussi bien que les autres ». « En parler, c’est comprendre. En parler, c’est soutenir. En parler, c’est donner à chaque élève la chance de réussir », a-t-il ajouté, appelant à faire des écoles « des lieux de savoir, mais aussi de tolérance et de respect ».
L’initiative a été saluée par les enseignants et autorités locales. L’instituteur Gbamélé Yao Désiré a souligné que la sensibilisation « permet d’avoir une idée juste et claire sur cette maladie, d’agir avec courage auprès des enfants concernés et de mieux informer la population ». De son côté, la sous-préfète de Bodokro, N’djoré née Kouassi Rosine, a indiqué que la localité compte 220 cas d’épilepsie, parmi lesquels se trouvent plusieurs élèves, appelant le personnel éducatif « à mieux connaître cette pathologie afin d’assister efficacement tout élève victime d’une crise en pleine classe ».
MSF réaffirme ainsi l’importance d’intégrer la lutte contre la stigmatisation de l’épilepsie dans l’éducation et de renforcer l’accompagnement des élèves affectés dans le cadre scolaire.