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Corée du Sud | Pour insurrection

L’ex-président Yoon Suk-yeol condamné « à la prison à vie »

Corée du Sud | Pour insurrection
 ‘‘Yoon Suk-yeol est le cinquième président sud-coréen condamné depuis 1996’’

Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi

Séoul, 19 février 2026 – L’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir dirigé une insurrection après avoir brièvement instauré la loi martiale en décembre 2024 et ordonné le déploiement de l’armée autour du Parlement.

« Le crime de direction d’une insurrection est établi », a déclaré le juge Ji Gwi-yeon du tribunal central du district de Séoul en prononçant le verdict. « Nous condamnons Yoon à la prison à vie », a-t-il ajouté.

Le parquet avait requis la peine de mort. Bien que cette sanction reste inscrite dans le droit sud-coréen, aucune exécution n’a eu lieu dans le pays depuis 1997.

Une loi martiale de six heures

Le 3 décembre 2024, dans une allocution télévisée surprise, Yoon Suk-yeol avait proclamé la loi martiale, accusant l’opposition parlementaire de paralyser l’action gouvernementale. Des unités militaires avaient alors été déployées autour de l’Assemblée nationale.

Malgré le dispositif sécuritaire, un nombre suffisant de députés était parvenu à accéder à l’hémicycle pour voter une résolution rejetant la mesure. Le président avait finalement levé la loi martiale après environ six heures, mettant fin à la suspension du régime civil.

Cet épisode avait plongé le pays dans une crise politique majeure et conduit, en avril, à sa destitution.

Un ancien chef d’État parmi d’autres condamnés

Âgé de 65 ans, Yoon Suk-yeol est le cinquième président sud-coréen condamné depuis 1996. La Corée du Sud a toutefois déjà accordé des grâces présidentielles à d’anciens chefs d’État, alimentant les spéculations sur une possible réduction de peine à l’avenir.

L’ancien dirigeant conservateur, qui comparaissait détenu, a toujours nié toute tentative de coup de force, affirmant avoir agi pour « préserver la liberté » et contrer ce qu’il qualifiait de « dictature législative » de l’opposition, majoritaire au Parlement.

Outre cette condamnation à perpétuité, il avait déjà écopé de cinq ans de prison pour des chefs d’accusation connexes.

Plusieurs anciens responsables sanctionnés

Plusieurs membres de son ancien gouvernement ont également été condamnés dans le cadre de cette affaire. L’ex-ministre de la Défense Kim Yong-hyun a été condamné à 30 ans de prison. L’ancien Premier ministre Han Duck-soo a écopé de 23 ans d’emprisonnement, tandis que l’ex-ministre de l’Intérieur Lee Sang-min a été condamné à sept ans de prison pour son rôle dans les événements.

Malgré la décision judiciaire, la société sud-coréenne reste divisée. Une partie du camp conservateur continue de soutenir l’ancien président, alors que le pays tente de tourner la page de l’une des crises politiques les plus graves de son histoire récente.

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