‘‘La situation financière de la société d’approvisionnement en eau potable est devenue « critique »’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Ouagadougou, le 8 février 2026 – Les factures d’eau impayées pourraient désormais conduire à des travaux d’intérêt général au Burkina Faso. Confronté à près de 35 milliards de francs CFA d’arriérés, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) a annoncé le recours à la brigade Laabal, une unité mixte de Forces de défense et de sécurité, pour renforcer le recouvrement des créances.
Selon l’ONEA, la situation financière de la société d’approvisionnement en eau potable est devenue « critique ». À la date du 31 janvier 2026, le montant cumulé des factures impayées – eau, assainissement et travaux – atteint environ 35 milliards de FCFA, un niveau qui « fragilise la trésorerie, ralentit les investissements et menace, à terme, la continuité et la qualité du service public », a déclaré son directeur général, Idrissa Sourabié.
Ultimatum d’une semaine
Pour tenter d’enrayer cette dérive, les autorités ont fait appel à la brigade Laabal, mise en place pour restaurer l’ordre, la discipline et le civisme dans l’espace public. Les particuliers comme les entreprises disposent désormais d’un délai d’une semaine pour régulariser leur situation.
« Passé ce délai, ils seront naturellement réquisitionnés », a averti le lieutenant Franck Octave Kabré, commandant de la brigade Laabal, précisant que les débiteurs concernés seront affectés à des travaux d’intérêt général. « Ils vont contribuer, d’une autre manière, à construire le pays et à payer leurs factures », a-t-il ajouté.
Priorité aux gros débiteurs
Dans un communiqué, l’ONEA indique que cette opération vise prioritairement les gros débiteurs ainsi que les créances pour lesquelles « les moyens conventionnels de recouvrement n’ont pas permis d’obtenir des résultats probants ». La brigade Laabal sera également chargée d’actions de sensibilisation auprès des usagers.
Cette mesure, inédite par son caractère coercitif, s’inscrit dans un contexte de pression accrue sur les finances publiques et de volonté affichée des autorités burkinabè de renforcer le civisme fiscal et social, dans un pays confronté à de multiples défis sécuritaires et économiques.