‘‘Âgée de 53 ans, Narges Mohammadi avait été arrêtée le 12 décembre 2025 à Mashhad’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Téhéran, 8 février 2026 – La militante iranienne des droits humains Narges Mohammadi, lauréate du Prix Nobel de la paix 2023, a été condamnée à six ans de prison par un tribunal iranien pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes », a annoncé dimanche son avocat, Me Mostafa Nili, à l’AFP. Elle a également écopé d’une interdiction de sortie du territoire de deux ans.
Arrestation à Mashhad
Âgée de 53 ans, Narges Mohammadi avait été arrêtée le 12 décembre 2025 à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, aux côtés d’autres militants, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie d’hommage à un avocat retrouvé mort, selon son conseil.
Autres condamnations
Détenue depuis décembre, la militante a par ailleurs été condamnée dans une autre affaire à un an et demi de prison pour “activités de propagande” et à deux ans d’exil interne dans la ville de Khosf, dans la province du Khorassan du Sud, a précisé Me Nili. En droit iranien, les peines de prison ne sont pas cumulables, a-t-il rappelé.
Un appel possible
Le verdict n’est pas définitif et peut faire l’objet d’un appel, a indiqué l’avocat, qui a aussi exprimé l’espoir d’une libération temporaire sous caution pour raisons médicales, évoquant l’état de santé fragile de sa cliente.
Une figure de la contestation
Figure emblématique de la société civile iranienne, Narges Mohammadi a été à plusieurs reprises jugée et incarcérée au cours des 25 dernières années pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux femmes. Elle a passé une grande partie de la dernière décennie en prison et n’a pas revu ses deux enfants, installés à Paris, depuis 2015. En décembre 2024, elle avait été libérée trois semaines pour des raisons médicales liées, selon son avocat, à une ablation de tumeur et une greffe osseuse.
Mobilisée même en détention
Même derrière les barreaux, la lauréate du Nobel est restée active, organisant des manifestations en prison et menant des grèves de la faim, selon des sources proches de son entourage.