‘‘Le Premier ministre a lancé la campagne cajou 2026 et réaffirme son leadership mondial’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Yamoussoukro (Centre ivoirien), 6 février 2026 – Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a officiellement lancé vendredi à Yamoussoukro la campagne 2026 de la filière cajou, à l’occasion de la deuxième édition des Journées nationales du producteur de coton, d’anacarde et de karité (JNPCA), organisées à la Fondation Félix Houphouët-Boigny.
Devant plusieurs milliers de producteurs et d’acteurs du secteur, le chef du gouvernement a salué l’anacarde comme « l’un des symboles majeurs de la transformation et du progrès économique » de la Côte d’Ivoire.
L’anacarde, moteur de transformation économique et sociale
« L’anacarde n’est plus uniquement une source de recettes d’exportation. C’est devenu un véritable vecteur de développement et de transformation sociale », a déclaré Robert Beugré Mambé, soulignant son impact dans les régions du Nord, du Nord-Est et du Centre, longtemps dépendantes du coton comme seule culture de rente.
Selon lui, le développement fulgurant de la filière a profondément amélioré les conditions de vie des populations rurales, sous l’impulsion des réformes engagées par le président Alassane Ouattara.
Une filière structurée et performante
Le Premier ministre a mis en avant la solidité du cadre institutionnel de la filière, unanimement salué par les partenaires techniques et financiers.
Grâce à ce dispositif, la production nationale est passée de 450 000 tonnes en 2012 à plus de 1,5 million de tonnes en 2025, tandis que les recettes d’exportation ont dépassé 1 000 milliards de FCFA l’an dernier.
« Depuis 2021, la Côte d’Ivoire est le premier producteur et exportateur mondial de noix de cajou brut, avec plus de 25 % de la production mondiale », a-t-il rappelé.
Une transformation locale en forte progression
Autre avancée majeure : la transformation locale. Sous l’effet des réformes structurelles et de la création de zones agro-industrielles dédiées, le taux de transformation est passé de 2 % en 2011 à plus de 42 % en 2025, soit plus de 660 000 tonnes transformées.
Le pays compte désormais 37 usines, dont 24 détenues majoritairement par des investisseurs ivoiriens, générant près de 20 000 emplois directs, dont 66 % occupés par des femmes, selon le chef du gouvernement.
Revenus des producteurs et soutien de l’État
Robert Beugré Mambé a insisté sur l’engagement de l’État à protéger les revenus des producteurs, notamment à travers le Fonds d’appui à la commercialisation et le coût de développement de la filière cajou, mobilisés lors des périodes de tension sur les marchés internationaux.
« Les cultures intégrées cajou-coton-vivriers permettent aux producteurs de vivre décemment et de faire face à leurs obligations sociales », a-t-il souligné.
Cap sur l’économie circulaire
Le Premier ministre a appelé les acteurs de la filière et les jeunes entrepreneurs à investir davantage dans la valorisation des produits dérivés du cajou, au-delà de la noix brute.
Biomasse à partir des coques, huiles industrielles, boissons et confitures issues de la pomme de cajou, produits alimentaires, cosmétiques ou encore lait de cajou : « les opportunités sont multiples », a-t-il affirmé, plaidant pour une économie circulaire intégrée et une meilleure insertion dans les chaînes de valeur mondiales.
Respect strict du prix plancher
Enfin, Robert Beugré Mambé a exhorté les acteurs de la commercialisation à respecter strictement le prix plancher fixé pour la campagne 2026, rappelant qu’il s’agit d’un prix minimum garanti au producteur.
« La Côte d’Ivoire tient son rang grâce à vous. Le gouvernement restera toujours à vos côtés », a-t-il conclu, appelant à la vigilance du Conseil Coton-Anacarde-Karité pour assurer l’application effective des mesures de régulation.