Lire, se lire et être lu....

Afrique

Agriculture | Filière cajou

La demande américaine sous surveillance, la Côte d’Ivoire en position de force en 2026

Agriculture | Filière cajou
‘‘Les achats américains constituent désormais une « variable potentiellement perturbatrice du marché » en 2026’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, le 6 février 2026 – Une nouvelle campagne de noix de cajou s’ouvre en Afrique de l’Ouest, première région productrice mondiale, avec en tête la Côte d’Ivoire, leader mondial de la production de noix de cajou brute. Pour la campagne 2026, l’évolution des prix dépendra comme toujours de l’équilibre entre l’offre et la demande, mais un facteur suscite une attention particulière : la demande des États-Unis.

Les États-Unis, un acheteur devenu imprévisible



Selon la ‘‘Chronique des matières premières’’, émission Rfi dédiée au secteur des matières premières économiques, les achats états-uniens d’amandes de cajou ont reculé de 25 % en 2025, confirmant un changement de hiérarchie sur le marché mondial. L’Amérique du Nord n’est plus le premier importateur : l’Europe et surtout la Chine ont désormais pris l’avantage.

Cette chute soulève plusieurs interrogations. Elle pourrait traduire une baisse de la consommation américaine ou résulter d’une stratégie de déstockage visant à réduire les importations. Si cette seconde hypothèse se confirme, un retour des acheteurs américains sur le marché pourrait influencer les prix dans les mois à venir.

Pour le service d’information agricole N’kalô, les achats américains constituent désormais une « variable potentiellement perturbatrice du marché » en 2026.

L’Asie compense largement le recul américain

Le retrait partiel des États-Unis n’a toutefois pas provoqué de choc sur les prix en 2025. « La demande du Moyen-Orient et surtout de l’Asie a pris le relais », explique Pierre Ricau, analyste en chef chez N’kalô.

L’Inde et la Chine enregistrent des taux de croissance annuelle de consommation supérieurs à 20 %, bien au-delà de la progression européenne estimée entre 7 et 8 %. La Chine a même doublé sa consommation de cajou depuis 2021, confirmant son rôle central dans la recomposition du marché mondial.

La Côte d’Ivoire, pilier de l’offre mondiale

Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou brute, demeure un acteur clé de la stabilité du marché. Si des pluies inhabituelles ont été enregistrées en décembre et janvier dans certaines zones de production, période normalement sèche, il est encore trop tôt pour mesurer précisément leur impact sur la récolte.

Selon N’kalô, une légère baisse de la production ouest-africaine par rapport à 2025 n’est pas exclue. Toutefois, la récolte devrait rester nettement supérieure à celle de 2024, garantissant un approvisionnement suffisant du marché international en noix brutes comme en noix décortiquées.

Un marché stable, des rapports de force en mutation

« L’équilibre entre l’offre et la demande n’est pas menacé », souligne Pierre Ricau. « Ce qui change, c’est le poids relatif des acteurs, avec une Chine dont la consommation progresse rapidement, tandis que le marché américain semble stagner, voire reculer. »

Pour la Côte d’Ivoire, cette évolution confirme la nécessité de diversifier les débouchés, de renforcer la transformation locale et de consolider sa position stratégique dans une filière dont elle reste le principal pilier mondial.

Partager cet article

Slogan : Lire, se lire et être lu....

© www.infos-plurielles.net. Tous droits réservés.