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Côte d’Ivoire | Littérature

Sidi Tiémoko Touré exhume la mémoire de ''Mori Touré'', figure oubliée de l’Afrique de l’Ouest

Côte d’Ivoire | Littérature

‘‘Sidi Touré évoque la période allant de 1492 à 1959, mêlant histoire impériale, migrations et construction des sociétés ouest-africaines’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, le 5 février 2026 – L’homme politique ivoirien Sidi Tiémoko Touré publie « L’histoire oubliée de Mori Touré le Conquérant », un ouvrage historique qui retrace, sur près de cinq siècles, le parcours d’une figure méconnue issue de l’effondrement de l’Empire songhaï et à l’origine de la fondation de Marabadjassa, dans l’actuelle Côte d’Ivoire.

Préfacé par l’historienne et femme politique Henriette Dagri Diabaté, le livre s’inscrit dans la collection Études africaines – Série Histoire et couvre la période allant de 1492 à 1959, mêlant histoire impériale, migrations et construction des sociétés ouest-africaines.

De la chute du Songhaï aux migrations zarma

L’ouvrage revient sur la défaite décisive des Songhaï face aux Saadiens en 1591 à Tondibi, événement qui marque la dislocation de l’un des plus puissants empires africains. Les Askia se replient alors dans le Dendi, une région qui, du XVIIIᵉ au XIXᵉ siècle, passe sous l’influence toucouleur et touarègue.

Dans ce contexte d’instabilité, la reconquête progressive des territoires par les Wankoy ouvre une nouvelle phase de migrations zarma vers le sud.

Seydou et Mori Touré, de l’exil à la fondation de Marabadjassa

C’est dans cette dynamique que naît Seydou Touré, fils de Lassana Touré, dans la région du Zigi. Menacé par la cour de Mokko, il prend le chemin de l’exil vers la Côte d’Ivoire actuelle, où il s’installe à Sarhala.

Son fils, Mori Touré, né en 1854, s’impose progressivement comme une figure d’influence. Initialement chargé de récupérer les biens de l’explorateur Sabaratier, il fonde en 1891 la localité de Marabadjassa, appelée à jouer un rôle stratégique dans la région.

Une autorité locale face aux bouleversements coloniaux



L’auteur souligne le rôle diplomatique de Mori Touré, notamment lorsque la présence des troupes samoriennes aux portes du pays baoulé en 1892 l’amène à user de son influence pour protéger ses alliés locaux.

Décédé en 1893, Mori Touré laisse un héritage politique et social durable. Marabadjassa s’imposera par la suite comme un espace actif lors du processus d’émancipation et d’indépendance.

Un travail de mémoire

Ingénieur de formation, ancien député et actuel ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré propose avec cet ouvrage une relecture documentée de l’histoire ouest-africaine, en mettant en lumière des trajectoires longtemps absentes des récits dominants.

À travers L’histoire oubliée de Mori Touré le Conquérant, l’auteur ambitionne de contribuer à la transmission d’une mémoire historique africaine enracinée dans les dynamiques locales et régionales.

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