Pour la rentrée académique 2025-2026, plusieurs réformes sont prévues au niveau de l'enseignement supérieur. Dans cet entretien, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara présente ces réformes et évoque les principaux chantiers de son département ministériel.
𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞́𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝟏𝟓 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫. 𝐂𝐨𝐦𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝'𝐞́𝐭𝐮𝐝𝐢𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞́𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞́𝐞 ?
346 000 anciens étudiants, auxquels il faut ajouter la grande partie des 133 000 nouveaux bacheliers, puisque seule une faible proportion de ces derniers se dirigera vers le marché de l’emploi ou ira continuer ses études à l’étranger.
𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐬 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞 𝐚𝐜𝐚𝐝𝐞́𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 ?
Plusieurs réformes seront mises en œuvre au cours de cette nouvelle année académique. Il s'agit notamment de l’adoption des textes sur la création des Instituts Universitaires de Technologie (IUT). Ces instituts formeront, en trois ans, des techniciens de bon niveau, directement utilisables sur le marché de l’emploi.
Nous procéderons à la transformation de l’École Normale Supérieure (ENS) en Direction générale, avec l’ouverture de deux nouvelles antennes de cette grande école dans les universités de Bouaké et San Pedro.
Il est prévu la définition des nouveaux statuts de l’Université Internationale de Grand Bassam (UIGB) ; la validation des semestres par moyenne pondérée, avec une note minimale de 07 sur 20 exigée dans les Unités d’Enseignement (UE) non validées par l’étudiant.
Il est également prévu l’évaluation et le classement des universités et grandes écoles privées, qui détermineront, pour chaque établissement privé, le nombre de bacheliers à y affecter par l’État.
Pour cette année académique, nous entendons réformer le Brevet de Technicien Supérieur (BTS), en vue d’améliorer grandement l’employabilité des titulaires du BTS.
La création des Écoles Doctorales, en vue d’améliorer sensiblement la compétence des nouveaux docteurs et de mettre mécaniquement fin à l’épineux problème des docteurs non recrutés, par une régulation stricte des flux d’étudiants accédant aux Écoles Doctorales est à l'agenda des réformes. Nous procéderons aussi à la définition des nouveaux critères d’attribution et des nouveaux taux de bourse et secours financier (SF). Ainsi le taux des bourses augmentera de 10 à 20%, en fonction de ce qui sera décidé par le Conseil des ministres avec l’autorisation du Président de la République. La définition de la nouvelle méthodologie de calcul et des nouveaux taux d’heures complémentaires (HC) des enseignants-chercheurs et chercheurs ; la définition de la nouvelle méthodologie de calcul et des nouveaux taux d’heures supplémentaires (HS) des personnels administratifs et techniques (PAT) ; la mise en place du Comité Scientifique de sélection des projets des Programmes Nationaux de Recherche (PNR) éligibles au financement, constituent également des sujets de réformes prévues pour cette année académique.
𝐐𝐮'𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐭-𝐢𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐡𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐝'𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞́𝐬 𝐢𝐥 𝐲 𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐢𝐬 ?
Les travaux ont effectivement démarré, il y a quelques semaines. Ils concernent l’ENS d’Abidjan, l’INP-HB de Yamoussoukro, les six premières universités publiques (Cocody, Abobo-Adjamé, Bouaké, Korhogo, Daloa, Man), les Centres régionaux des œuvres universitaires (CROU) rattachés à ces six universités, le siège provisoire de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI) hébergé par le site Nord de l’INP-HB et le Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (CNCCI) doté d’un supercalculateur qui sera remis à flot tout comme le réseau Wifi des universités.
𝐌𝐚𝐥𝐠𝐫𝐞́ 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐔𝐅𝐑 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐞́𝐭𝐡𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬. 𝐐𝐮'𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐛𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ?
Cette situation s’explique par le fait que le nombre de bacheliers explose (cas des 133 000 bacheliers de 2025), mais les UFR les plus demandées restent les mêmes, car les séries de Bac à forts effectifs restent les mêmes, notamment les séries littéraires. Plusieurs actions sont menées pour résorber cette situation. Pour ne pas être long, j’en citerai deux. D’abord la régulation des flux de bacheliers entrant et transitant dans les parcours de formation des UFR, par le strict respect des critères d’accès aux parcours de formation, d’une part, et par la sélection des apprenants au niveau des transitions Licence 3-Master 1 et Master 2-Doctorat 1, d’autre part. La deuxième action consistera bientôt à envoyer à l’Université Virtuelle les étudiants basculant de la formation initiale à la formation continue pour insuffisance de résultats académiques. Cela évitera la superposition des étudiants en formation initiale et de ceux en formation continue, source de massification des effectifs.
𝐋'𝐞𝐬𝐩𝐚𝐜𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐚 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐨𝐧𝐠𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐥𝐞 𝐭𝐡𝐞́𝐚̂𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬. 𝐐𝐮'𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐟𝐢𝐧 𝐚̀ 𝐜𝐞𝐥𝐚 ?
Effectivement, depuis plusieurs décennies, l’espace universitaire était le théâtre de violences liées aux pratiques répréhensibles voire mafieuses des associations estudiantines à caractère syndical, notamment l’ex-FESCI. Sur proposition du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Gouvernement a fini par dissoudre ces associations en octobre 2024. Cela a ramené le calme sur nos campus. Pour maintenir et même renforcer ce climat de paix sur nos campus, le ministère entretient un dialogue social permanent avec les syndicats d’enseignants-chercheurs et de Personnels administratifs et techniques (PAT) à travers le Comité sectoriel de dialogue social, d’une part, et avec les associations estudiantines à caractère non syndical, notamment les délégués d’amphi, d’autre part. Et les autorités universitaires s’inscrivent dans cette même logique de dialogue social permanent avec tous les acteurs universitaires, à savoir les enseignants-chercheurs et chercheurs, les PAT et les étudiants.
𝐕𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐦𝐨𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧.
Le thème de cette rentrée académique, « Enseignement supérieur et recherche scientifique : investir dans la paix et l’excellence pour bâtir l’avenir », doit être la boussole de tous les acteurs de notre système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, à savoir les enseignants-chercheurs et chercheurs, les personnels administratifs et techniques, et les étudiants. Ce thème nous rappelle que notre investissement dans la préservation de la paix sur nos campus et au-delà dans l’ensemble de notre pays, et notre quête de l’excellence dans nos tâches, conditionnent l’avenir de notre Nation.
Source : CICG