‘‘Sidi Tiémoko Touré a visité le chantier de construction de l’abattoir moderne de la ville de Tiébissou’’
Par Idress Abkar
À Tiébissou, au centre de la Côte d’Ivoire, le gouvernement ivoirien avance sur l’un de ses projets phares en matière de souveraineté alimentaire. Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a effectué le vendredi 16 janvier 2026 une visite de chantier du futur abattoir industriel de volaille, dont les travaux affichent un taux d’exécution de 93 %.
Un projet stratégique au cœur de la politique agricole
L’infrastructure, en construction dans le village de Koffi Yaokro, à environ un kilomètre de Tiébissou, s’inscrit dans la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022-2026). Une stratégie portée par l’État ivoirien pour réduire la dépendance alimentaire et structurer durablement la filière avicole.
Objectif affiché : doter le pays d’outils industriels modernes capables d’améliorer la compétitivité des productions locales et de sécuriser l’approvisionnement en protéines animales.
Un chantier presque achevé
Selon le ministère, l’abattoir de Tiébissou fait partie du Projet d’installation des abattoirs industriels de volailles en Côte d’Ivoire (PAV-CI), dont l’état d’avancement global est également estimé à 93 %. À terme, cinq unités industrielles doivent être implantées sur le territoire national, notamment à Azaguié, Dabou et Tiébissou.
Lors de sa visite, le ministre Sidi Tiémoko Touré s’est dit satisfait de la progression des travaux et a exhorté les entreprises en charge du projet à respecter les délais prévus, soit une livraison dans un délai de 24 mois.
Un financement international et un partenariat public-privé
Le projet est financé à hauteur de plus de 15 milliards de francs CFA par la banque italienne Intesa San Paolo, avec la garantie de l’Agence italienne de crédit à l’exportation (SACE). Il bénéficie également de l’appui du Programme d’appui à la production avicole nationale (PAPAN).
Reposant sur un partenariat public-privé, le modèle retenu prévoit que l’État construise les infrastructures clés en main, avant d’en confier l’exploitation à des opérateurs privés. Une approche destinée à professionnaliser l’ensemble de la chaîne de valeur et à créer des emplois locaux.
Technologie de pointe et normes sanitaires
Représentant de l’entreprise italienne SB Impianti, chargée des équipements, Andrea Rossi a confirmé que l’unité de Tiébissou disposera d’une capacité d’abattage de 2 000 poulets par heure, à l’image des sites d’Azaguié et de Dabou.
Le complexe intégrera des salles de réception, d’éviscération, de découpe, d’emballage, ainsi que des installations de gestion des déchets et de maintien de la chaîne du froid. Un dispositif conçu pour répondre aux normes sanitaires internationales et renforcer la lutte contre la grippe aviaire.
Un levier pour les éleveurs et la sécurité alimentaire
Pour le ministre Sidi Tiémoko Touré, la mise en service rapide de l’abattoir de Tiébissou aura un impact direct sur les éleveurs locaux, en leur offrant des débouchés structurés et sécurisés. Elle contribuera également à améliorer la qualité des produits avicoles mis sur le marché, dans un contexte de forte demande nationale.
Avec ce projet, les autorités ivoiriennes entendent faire de l’aviculture un pilier de la souveraineté alimentaire et un moteur de développement économique local.