‘‘Vers un renforcement du partenariat financier stratégique entre le monde arabe et la BAD’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, le 13 janvier 2026 – Vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, a reçu ce mardi, au Palais de la Présidence, une délégation conjointe du Groupe de Coordination Arabe (GCA) et du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Cette rencontre s’est tenue en marge d’une réunion de consultation de haut niveau organisée à Abidjan entre les deux blocs financiers.
Changer de méthode, changer d’échelle
Au cœur des échanges : la volonté affichée des partenaires arabes et africains de rompre avec l’approche classique du financement projet par projet. Objectif désormais assumé : bâtir un partenariat stratégique global, capable de mobiliser des volumes financiers bien plus importants en faveur du développement africain.
Selon Dr Abdulhamid Al-Khalifa, président du Fonds OPEP pour le développement international et porte-parole de la délégation, cette nouvelle dynamique vise à « porter la coopération à un niveau supérieur » et à renforcer l’impact des financements sur les économies africaines.
50 milliards de dollars promis à l’Afrique d’ici 2030
Cette réorientation stratégique s’inscrit dans le prolongement de l’engagement pris par le Groupe de Coordination Arabe lors de la Conférence économique arabo-africaine de novembre 2023 en Arabie Saoudite : mobiliser 50 milliards de dollars américains en faveur du développement du continent africain d’ici à 2030.
Le partenariat avec la BAD est présenté comme un levier central pour assurer un déploiement plus efficace et mieux coordonné de ces ressources, en synergie avec les autres partenaires techniques et financiers.
La Côte d’Ivoire en première ligne
Fait notable, le Groupe de Coordination Arabe souhaite initier concrètement cette nouvelle approche en Côte d’Ivoire, qui pourrait ainsi devenir le premier pays bénéficiaire de ce cadre stratégique renforcé.
« La Côte d’Ivoire offre un environnement propice, une vision claire et des priorités bien définies », a indiqué Dr Al-Khalifa à l’issue de l’audience avec le Vice-président ivoirien.
Quatre secteurs jugés prioritaires
Les discussions ont également permis d’identifier les secteurs clés dans lesquels le gouvernement ivoirien entend concentrer ses investissements : « les mines, les infrastructures, l’agriculture, le développement urbain ».
Des domaines considérés comme essentiels pour soutenir la croissance économique, l’industrialisation et la création d’emplois.
Un poids financier mondial
Le Groupe de Coordination Arabe constitue aujourd’hui le deuxième plus grand ensemble d’institutions de financement du développement au monde. Il regroupe dix entités majeures, dont le Fonds saoudien pour le développement, la Banque islamique de développement, le Fonds OPEP, le Fonds koweïtien, le Fonds d’Abu Dhabi, la BADEA ou encore le Fonds monétaire arabe.
À travers cette initiative conjointe avec la BAD, ces institutions entendent renforcer leur influence financière sur le continent, tout en accompagnant les États africains dans la transformation structurelle de leurs économies.