‘‘Face aux Pharaons d’Égypte, la Côte d’Ivoire perd sa couronne’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Agadir (Maroc), le 10 janvier 2026 – Le mythe égyptien résiste encore. Championne en titre, la Côte d’Ivoire a vu son ambition de doublé s’éteindre samedi soir à Agadir, battue par une Égypte clinique et implacable (3-2) en quarts de finale. Dominateurs par séquences, courageux jusqu’au bout, les Éléphants se sont heurtés à ce que le football africain compte de plus constant : le réalisme froid des Pharaons.
Un début de cauchemar ivoirien
Il n’a fallu que trois minutes pour que le scénario tourne au vinaigre. Une mauvaise lecture de trajectoire d’Odilon Kossounou, et Omar Marmoush s’engouffre dans la brèche pour ouvrir le score d’une frappe sèche (3e). L’Égypte frappe tôt, comme souvent. Et rappelle d’emblée une vérité ancienne : face aux Pharaons, la moindre erreur se paie cash.
La possession pour les Éléphants, le contrôle pour l’Égypte
Touchés mais pas abattus, les hommes d’Émerse Faé reprennent le ballon et le terrain. Ibrahim Sangaré ratisse, Christ Inao Oulaï électrise le jeu, la Côte d’Ivoire impose le rythme. Mais dominer n’est pas gouverner. En face, l’Égypte attend, observe, temporise. Une science du souffrir héritée de décennies de compétitions maîtrisées.
Sur corner, la leçon se répète. Mohamed Salah dépose le ballon, Rami Rabia s’élève et place une tête lobée qui surprend Yahia Fofana (32e). Deux occasions, deux buts. Le réalisme à l’état pur.
Un espoir avant la pause, vite étouffé
La fougue ivoirienne finit par être récompensée. Sur un coup franc parfaitement enroulé par Yan Diomandé, Ahmed Fatouh détourne le ballon dans ses propres filets (40e). Le stade Adrar, largement acquis aux Éléphants, se remet à y croire. Mais l’Égypte n’est jamais aussi dangereuse que lorsqu’elle doute à peine.
Salah, l’estocade du maître
Au retour des vestiaires, les Pharaons reviennent avec une seule idée : frapper au moment juste. Sur un contre limpide, Emam Ashour centre en retrait. Au point de penalty, Mohamed Salah surgit et conclut d’une reprise sans contrôle (52e). 3-1. Troisième tir cadré, troisième but. L’efficacité comme signature.
Une fin de match hachée, un rêve envolé
La Côte d’Ivoire refuse de lâcher. Sur corner, Guéla Doué réduit l’écart (73e) et rallume une dernière étincelle. Mais l’Égypte connaît l’art de tuer le temps, de casser le rythme, de gérer les émotions. Quelques roulades, des secondes grappillées, une défense compacte : les Pharaons verrouillent leur victoire.
L’Égypte en demi-finales, la Côte d’Ivoire détrônée
Pour la onzième fois de son histoire, la Côte d’Ivoire s’incline face à l’Égypte à la CAN. Une élimination cruelle, tant les Éléphants auront essayé. Mais le football ne récompense pas toujours l’intention. Les Pharaons filent en demi-finales où ils retrouveront le Sénégal. Les Ivoiriens, eux, regarderont leur trophée changer de mains le 18 janvier.
Face à l’Égypte, le mythe continue. Et l’Afrique, encore une fois, s’en souvient.