‘‘Égypte–Côte d’Ivoire, c’est une affiche qui réveille des souvenirs encore douloureux pour les Ivoiriens’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Agadir (Maroc), le 9 janvier 2026 – Samedi 10 janvier 2026, au Grand Stade d’Agadir, la Côte d’Ivoire et l’Égypte s’affrontent pour une place dans le dernier carré de la Coupe d’Afrique des nations. Un quart de finale au parfum de classique africain, entre deux géants du continent, aux trajectoires et aux ambitions bien affirmées.
Un duel chargé d’histoire
Égypte–Côte d’Ivoire, c’est une affiche qui réveille des souvenirs encore douloureux pour les Ivoiriens. Lors de la CAN 2021 au Cameroun, les Pharaons avaient éliminé les Éléphants aux tirs au but en quart de finale, après un match fermé et très disputé à Douala.
Quatre ans plus tard, le contexte est différent. La Côte d’Ivoire arrive à Agadir avec le statut de championne d’Afrique en titre et une confiance retrouvée après sa large victoire contre le Burkina Faso (3-0). L’Égypte, elle, avance avec prudence, fidèle à son pragmatisme, mais portée par son expérience des grands rendez-vous.
L’enjeu : confirmer ou reconquérir
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est clair : poursuivre la défense du titre et prouver que le sacre de 2024 n’était pas un accident. Sous la houlette d’Emerse Faé, les Éléphants affichent un visage plus équilibré, capable de maîtriser le jeu tout en se montrant tranchants offensivement.
Côté égyptien, il s’agit de renouer avec la gloire continentale. Sept fois vainqueurs de la CAN, les Pharaons courent après un trophée qui leur échappe depuis 2010. Une élimination à ce stade serait vécue comme un nouvel échec pour une génération encore emmenée par Mohamed Salah.
Les clés tactiques du match
Le duel s’annonce avant tout tactique. La Côte d’Ivoire devrait chercher à imposer un jeu plus vertical, basé sur l’impact physique au milieu et la vitesse sur les côtés. Le pressing haut et la capacité à exploiter les transitions seront essentiels pour déséquilibrer le bloc égyptien.
L’Égypte, fidèle à sa tradition, devrait privilégier un bloc compact, une discipline défensive rigoureuse et une gestion patiente des temps forts et faibles. Les Pharaons excellent dans l’art de fermer le jeu et de frapper sur des actions rapides, souvent initiées par Salah.
La bataille du milieu de terrain, entre intensité ivoirienne et contrôle égyptien, pourrait être déterminante.
Les joueurs à suivre
Côte d’Ivoire
- Seko Fofana : véritable métronome des Éléphants, il incarne l’équilibre entre projection offensive et rigueur défensive.
- Amad Diallo : sa vitesse et sa percussion peuvent faire mal à une défense égyptienne parfois exposée sur les côtés.
- Franck Kessié : attendu dans l’impact et le leadership, notamment dans les moments clés.
Égypte
- Mohamed Salah : l’homme à surveiller en priorité. Même discret, il reste capable de faire basculer un match sur une seule action.
- Mohamed Elneny : important dans l’équilibre du milieu et la récupération.
- Le gardien Mohamed El-Shenawy : souvent décisif dans les matchs à élimination directe.
Un quart de finale indécis
Sur le papier, la Côte d’Ivoire semble plus complète et plus dynamique. Mais face à l’Égypte, l’expérience, la maîtrise émotionnelle et la gestion des moments clés pèsent souvent lourd. Un match fermé, tactique, où la moindre erreur pourrait coûter cher.
À Agadir, les Éléphants savent qu’ils devront être patients, réalistes et solides mentalement pour espérer faire tomber les Pharaons et poursuivre leur route vers un nouveau sacre continental.