‘‘Entre soutien au logement et recherche de recettes, les choix fiscaux du gouvernement ivoirien en 2026’’
Par Dhan Habib Sénamblé
Abidjan, le 7 janvier 2026 – La loi de finances 2026 introduit une série de mesures fiscales destinées à encourager l’accès à la propriété en Côte d’Ivoire. Parmi elles, une réduction d’impôt ciblant les primo-accédants, ainsi que des exonérations fiscales et bancaires pour l’acquisition ou la construction d’un premier logement.
Un crédit d’impôt pour les primo-accédants
L’annexe fiscale 2026 prévoit un crédit d’impôt de 5 % sur le logement, accordé aux personnes qui acquièrent leur habitation pour la première fois, que ce soit par l’achat d’un bien immobilier ou par la construction de leur maison.
Cette disposition s’accompagne de plusieurs exonérations. Les acheteurs passant par des promoteurs immobiliers bénéficieront notamment de l’exonération de la TVA de 18 % sur les honoraires des notaires. De leur côté, les acquéreurs ayant recours à un crédit bancaire seront exemptés de la taxe sur les opérations bancaires, habituellement fixée à 10 %.
Les droits d’enregistrement et les droits liés aux actes de transfert sont également supprimés pour ces opérations. Quant aux personnes construisant leur logement sur fonds propres, elles bénéficieront de l’exonération des droits de publicité foncière.
Une mesure encadrée dans le temps
Le crédit d’impôt ne deviendra toutefois effectif qu’après la signature d’un arrêté conjoint des ministres en charge du Budget et du Logement. Il s’appliquera sur une durée de cinq ans, à compter soit de la date d’achat du logement, soit de la date d’achèvement de la construction.
Pour les autorités, cette mesure pourrait contribuer à réduire le déficit de logements, estimé à plus de 800 000 unités à l’échelle nationale, tout en apportant un soulagement aux ménages confrontés à la hausse du coût des matériaux et de la main-d’œuvre.
Une nouvelle taxe de nuitée pour renforcer les recettes de l’État
Parallèlement aux mesures d’allègement fiscal, l’annexe fiscale 2026, entrée en vigueur lundi dernier, instaure une taxe de nuitée applicable aux clients des établissements hôteliers et des résidences meublées.
Selon Anne-Emmanuelle Sidibé, fiscaliste au sein du cabinet Mondon Conseil International, cette taxe sera collectée directement par les hôtels et les propriétaires de résidences meublées, puis reversée au trésor municipal au plus tard le 15 du mois suivant l’encaissement.
Des tarifs variables selon les établissements
Le montant de la taxe dépend du standing de l’établissement. Pour les hôtels, il est fixé en fonction du nombre d’étoiles :
- 500 francs CFA par nuitée pour les hôtels sans étoile,
- 1 000 francs CFA pour les hôtels d’une étoile,
- 1 500 francs CFA pour ceux de deux étoiles,
- et 2 000 francs CFA pour les hôtels de trois étoiles et plus.
Dans le cas des résidences meublées, le tarif varie selon la localisation. À Abidjan, dans le district autonome, il est fixé à 1 000 francs CFA par nuitée.
Une mesure déjà envisagée en 2025
Cette taxe de nuitée n’est pas une nouveauté totale. Elle figurait déjà dans le projet d’annexe fiscale 2025, mais avait finalement été retirée de la version adoptée par le Parlement. Sa réintroduction en 2026 s’inscrit dans la volonté des autorités de diversifier les sources de recettes de l’État, tout en soutenant certains secteurs jugés prioritaires, comme le logement.