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Politique

Béoumi | Législatives du 27 décembre

‘‘De graves dérives xénophobes’’ constatées lors de la campagne, dénoncées par le RHDP

Béoumi | Législatives du 27 décembre
‘‘Sidi Touré du RHDP et Me Blessy du PDCI ont été les acteurs majeurs des campagnes législatives à Béoumi’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Béoum (Centre ivoirien), le 5 janvier 2026 – La campagne des élections législatives du 27 décembre dernier dans la circonscription de Béoumi, dans le centre de la Côte d’Ivoire, a été marquée par de vives tensions et des accusations de discours à caractère xénophobe et communautaire. Des propos tenus durant cette période électorale suscitent aujourd’hui de nombreuses réactions et interrogations sur le respect des principes républicains et du vivre-ensemble.

Dans la circonscription électorale 056 Ando-Krékrénou – Béoumi – Kondrobo, plusieurs observateurs locaux et acteurs politiques font état de discours jugés clivants au cours de la campagne. Alors que certains candidats ont mis en avant des messages axés sur la paix et la cohésion sociale, d’autres sont accusés d’avoir recours à des arguments identitaires pour mobiliser l’électorat.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le candidat du Rassemblement des Houphouétistes la Démocratie et la Paix (RHDP), Sidi Touré, aurait conduit une campagne axée sur les enjeux de développement local et le respect de ses adversaires. À l’inverse, des propos attribués au candidat du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et à certains membres de son équipe sont dénoncés comme relevant de la stigmatisation identitaire.

Des propos jugés contraires au cadre légal

Le candidat du RHDP aurait notamment été présenté lors de meetings comme n’étant pas « originaire » de Béoumi, une rhétorique perçue par ses partisans comme une tentative de disqualification fondée sur l’origine.

D’autres déclarations, relayées sur les réseaux sociaux, évoqueraient des appels à voter selon l’appartenance ethnique, ainsi que des mises en garde laissant entendre un risque de dépossession foncière en cas de victoire du candidat adverse.

Des agissements imputés à certains membres du staff de campagne du PDCI-RDA sont également évoqués, notamment des pressions supposées sur les électeurs, en contradiction avec l’article 32 du Code électoral, qui garantit la liberté de choix et la sincérité du scrutin.

Rappel aux principes constitutionnels

Ces accusations interviennent dans un contexte national marqué par de nombreux appels à la retenue et à la responsabilité politique. La Constitution ivoirienne proscrit en effet toute propagande visant à opposer les groupes sociaux ou à encourager la haine raciale, tribale ou religieuse. L’article 19 précise que toute tentative de faire prévaloir un groupe sur un autre est interdite.

Plusieurs voix de la société civile et du monde politique rappellent que les périodes électorales ne doivent pas raviver les tensions identitaires, alors que le pays s’efforce de consolider la paix et la cohésion sociale après des années de crises politiques.

Un enjeu au-delà du scrutin

Au-delà du résultat des législatives, ces événements relancent le débat sur la responsabilité des acteurs politiques dans la préservation du vivre-ensemble. Pour de nombreux observateurs, les campagnes électorales doivent rester un espace de confrontation de projets et de visions pour le développement, sans remettre en cause l’unité nationale.

La Commission électorale indépendante et les autorités compétentes pourraient être amenées à se prononcer sur ces faits, alors que les appels à tirer les leçons du passé et à préserver la stabilité du pays se multiplient.

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