‘‘Les partisans du Président vénézuélien appelle à la mobilisation jusqu’à la libération de Maduro’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
New York (Etats-Unis), le 5 janvier 2026 – À la demande du Venezuela, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit ce lundi pour examiner la légalité de l’opération menée par les États-Unis à Caracas, qui a conduit à la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse. Une intervention militaire américaine qui suscite de vives interrogations juridiques et diplomatiques sur la scène internationale.
L’opération, menée deux jours plus tôt dans la capitale vénézuélienne, a provoqué d’importantes perturbations, notamment des coupures d’électricité dans plusieurs quartiers de Caracas, ainsi que des frappes sur des installations militaires. Les autorités vénézuéliennes évoquent des victimes civiles, sans toutefois en préciser le bilan.
Un débat sous tension diplomatique
Composé de quinze membres, le Conseil de sécurité devrait toutefois difficilement parvenir à une position contraignante. Les États-Unis disposent d’un droit de veto, qui leur permettrait de bloquer toute résolution critique à leur encontre. Selon Richard Gowan, directeur des questions mondiales à l’International Crisis Group, les alliés occidentaux de Washington devraient adopter une posture prudente. « À en juger par les réactions européennes jusqu’à présent, une grande ambivalence est à prévoir », estime-t-il.
La Russie, la Chine et plusieurs pays alliés de Caracas ont, en revanche, accusé Washington de violer le droit international. Les capitales européennes, bien que critiques à l’égard de Nicolas Maduro, se sont contentées d’appeler au respect du droit international, sans condamner explicitement l’opération américaine.
Washington invoque la légitime défense
Nicolas Maduro, transféré aux États-Unis, est actuellement détenu et doit comparaître ce lundi devant un tribunal fédéral à New York pour des accusations liées au trafic de drogue. Washington justifie son intervention en s’appuyant sur l’article 51 de la Charte des Nations unies, relatif au droit à la légitime défense.
« Il s’agit d’un baron de la drogue, d’un dirigeant illégitime inculpé aux États-Unis, qui coopère avec la Chine, la Russie, l’Iran et des groupes terroristes comme le Hezbollah », a déclaré l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, sur la chaîne Fox News.
De fortes réserves juridiques
Cette argumentation est largement contestée par des experts en droit international. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a estimé que l’opération américaine constituait « un dangereux précédent », selon son porte-parole.
Pour Tom Dannenbaum, professeur de droit à l’université de Stanford, « l’opération a violé le droit international », soulignant que l’absence d’autorisation du Conseil de sécurité et de consentement de l’État vénézuélien rend l’usage de la force illégal. Même analyse du côté de Milena Sterio, professeure à l’université d’État de Cleveland, pour qui « le trafic de drogue ne constitue pas une attaque armée justifiant la légitime défense ».
Adil Haque, professeur à l’université Rutgers, estime pour sa part que l’arrestation de Nicolas Maduro viole « l’inviolabilité et l’immunité d’un chef d’État en exercice », principes fondamentaux du droit international.
Un précédent aux implications mondiales
Au-delà du cas vénézuélien, le débat engagé au Conseil de sécurité pose la question plus large de l’usage unilatéral de la force et de la portée du droit international face aux logiques de puissance. Un débat qui, malgré les divisions profondes, pourrait marquer durablement les relations internationales.