‘‘Avec cette validation par la Cour suprême, Mamadi Doumbouya entame officiellement un mandat de sept ans’’
Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi
Abidjan le 5 janvier 2026 – En Guinée, la Cour suprême a confirmé, dimanche 4 janvier au soir, la victoire de Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre. Le général, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2021, est élu dès le premier tour avec 86,72 % des suffrages pour un mandat de sept ans.
La décision a été annoncée par le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, mettant ainsi un terme au processus électoral. « Le candidat Mamadi Doumbouya est élu président de la République dès le premier tour », a-t-il déclaré, sans surprise, dans un scrutin largement boycotté par les principales formations de l’opposition.
Un scrutin contesté et peu ouvert
L’élection présidentielle s’est déroulée dans un contexte politique tendu, marqué par l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition et une participation limitée. Les principaux partis avaient appelé au boycott, dénonçant un processus électoral qu’ils jugeaient verrouillé.
Face à Mamadi Doumbouya, les autres candidats, pour la plupart peu connus du grand public, n’ont pas pesé dans la campagne, dominée par le chef de la transition, candidat indépendant.
Appel à l’unité nationale
Dans sa première adresse à la nation après la validation officielle des résultats, Mamadi Doumbouya a appelé les Guinéens à se rassembler. « Aujourd’hui, il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Il n’y a qu’une seule Guinée, unie et indivisible », a-t-il déclaré, promettant de travailler à l’avènement d’une « Guinée de souveraineté politique et économique ».
Le président élu a salué ce qu’il a décrit comme la « maturité » et le « calme » du peuple guinéen tout au long du scrutin.
Réactions mesurées des candidats
Du côté des candidats malheureux, quelques voix se sont exprimées en faveur de l’apaisement. Ibrahima Abé Sylla, de la Nouvelle Génération pour la République, a félicité le vainqueur et appelé les Guinéens à l’unité. Même tonalité chez Sidibé Ousmane, du Rassemblement des Guinéens pour la prospérité, qui estime que « c’est la Guinée qui a gagné », saluant l’« esprit républicain » observé durant l’élection.
Premières réactions internationales
Sur le plan diplomatique, le président français Emmanuel Macron a appelé Mamadi Doumbouya dimanche soir pour le féliciter, saluant, selon l’Élysée, « une étape décisive vers l’achèvement de la transition » en Guinée. De son côté, le président chinois Xi Jinping a adressé un message de félicitations au chef de l’État guinéen, exprimant la volonté de Pékin de poursuivre le développement d’un « partenariat stratégique complet » avec Conakry.
Avec cette validation par la Cour suprême, Mamadi Doumbouya entame officiellement un mandat de sept ans, ouvrant une nouvelle séquence politique pour la Guinée, encore marquée par les défis de la transition et les attentes d’un retour durable à l’ordre constitutionnel.