‘‘Le Royaume-Uni prépare une révolution culinaire pour 2030’’
Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi
Londres, le 31 décembre 2025 – Le Royaume-Uni envisage d’interdire la pratique consistant à ébouillanter vivants les homards, crabes, langoustes, crevettes ou poulpes d’ici 2030. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la politique gouvernementale en faveur du bien-être animal, après la reconnaissance en 2022 que ces animaux aquatiques sont sensibles à la douleur, au même titre que les mammifères.
Des animaux sensibles à la douleur
Selon les scientifiques, ces crustacés et mollusques ressentent non seulement la douleur, mais également le stress. Ils tentent d’échapper à des stimuli douloureux et évitent de revenir dans des environnements où ils ont souffert. Des recherches menées à l’université de Göteborg montrent que, lorsqu’on applique du vinaigre sur les pinces ou les yeux des crabes, cette information est traitée par leur système nerveux. Même principe lorsqu’une pression mécanique leur est appliquée, similaire à un doigt coincé dans une porte chez l’homme, explique le chercheur Eleftherios Kasiouras.
Une pratique déjà interdite ailleurs
Le Royaume-Uni rejoindrait ainsi quatre autres pays ayant déjà banni l’ébouillantage de crustacés vivants : la Suisse, la Norvège, l’Autriche et la Nouvelle-Zélande. Certains industriels et chaînes de supermarchés britanniques ont déjà commencé à s’adapter, proposant des alternatives plus respectueuses du bien-être animal.
Des alternatives pour les professionnels
Plusieurs méthodes sont envisagées : électrocution des animaux, congélation rapide à moins 20 degrés dès leur capture ou destruction du système nerveux en deux coups secs avant cuisson. Certaines pratiques sont déjà adoptées par des chefs formés à ces techniques.
Un changement des mentalités
Le gouvernement britannique s’appuie également sur l’opinion publique. Un sondage YouGov, commandé par l’association Crustacean Compassion, révèle que 65 % des adultes britanniques sont désormais opposés à la cuisson à l’eau bouillante des homards et crabes vivants, contre 51 % en 2021. La sensibilisation semble donc progresser dans le pays, en particulier à l’approche des fêtes de fin d’année, période où crustacés et mollusques sont très consommés.