‘‘La Direction de campagne du candidat du RHDP, Sidi Tiémoko Touré dit vouloir rétablir la vérité sur le processus électoral’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Béoumi, le 24 décembre 2025 – À Béoumi, dans le centre de la Côte d’Ivoire, le climat de la campagne législative est marqué par une polémique autour du processus électoral. Le ministre Sidi Tiémoko Touré, candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), et sa direction de campagne ont publié un droit de réponse, que ivorian-vox.net a consulté, pour dénoncer des accusations jugées infondées, formulées par Me Blessy Jean-Chrysostome, lors d’un rassemblement public et relayées sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué diffusé mardi, l’équipe du candidat RHDP dit vouloir « rétablir la vérité » et rassurer l’opinion publique, alors que les préparatifs du scrutin entrent dans leur phase décisive.
Des listes d’électeurs au cœur de la controverse
À l’origine de la polémique : des allégations portant sur la collecte de noms et de numéros de cartes d’électeurs par les équipes de campagne du RHDP. Me Blessy Jean-Chrysostome y voit une pratique susceptible de favoriser des manœuvres frauduleuses.
Des accusations que le camp de Sidi Tiémoko Touré rejette fermement. Selon le directoire RHDP, il s’agit de pratiques « classiques et légales » de mobilisation électorale, utilisées pour organiser la campagne et encourager la participation citoyenne.
Le communiqué souligne que ces données « ne permettent en aucun cas d’altérer le vote », rappelant que le système électoral ivoirien garantit le secret de l’isoloir et l’intégrité des urnes.
Des soupçons de fraude contestés
Autre point de crispation : les accusations de fraude électorale anticipée. Le RHDP de Béoumi estime que ces soupçons ne reposent sur « aucune preuve matérielle » et relèvent d’une stratégie politique visant à semer le doute à l’approche du scrutin.
Le parti au pouvoir réaffirme son attachement à des élections « libres, transparentes et apaisées », menées sous l’autorité de la Commission électorale indépendante (CEI).
La question sécuritaire instrumentalisée, selon le RHDP
Le communiqué réagit également aux propos mettant en cause la présence des forces de sécurité à Béoumi. Là encore, le camp du ministre Touré dénonce une « instrumentalisation » destinée à créer un climat de peur.
Selon le RHDP, le déploiement de la police et de la gendarmerie relève exclusivement des prérogatives de l’État et vise à assurer la sécurité de tous les acteurs du processus électoral. Les rumeurs évoquant la présence de « forces privées » sont qualifiées de « mensongères et dangereuses ».
Le texte rappelle qu’en septembre 2025, Sidi Tiémoko Touré avait initié une marche citoyenne pour la paix à Béoumi, dans un contexte électoral déjà sensible.
Un appel à la retenue
En conclusion, le directoire de campagne du RHDP déplore un discours qu’il juge « incendiaire et populiste » et appelle à la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques.
Le camp du ministre Touré exhorte Me Blessy Jean-Chrysostome à privilégier un débat démocratique centré sur les projets de développement local, mettant en garde contre les risques de tensions ou de violences liées à la diffusion de fausses informations.
Les législatives à Béoumi, comme ailleurs en Côte d’Ivoire, se dérouleront dans un contexte où la question de la crédibilité du processus électoral reste un enjeu central pour les autorités et les acteurs politiques.