‘‘Derrière cette baisse, se dessine une stratégie volontariste de l’État, sous l’impulsion du président Alassane Ouattara’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, le 17 décembre 2025 – À l’approche des fêtes de fin d’année, période de forte consommation, le gouvernement ivoirien multiplie les actions pour garantir l’approvisionnement du marché en riz et veiller au respect effectif de la baisse des prix annoncée ces dernières semaines.
Une mission de contrôle sur instruction présidentielle
Sur instruction du président de la République, Alassane Ouattara, le ministère du Commerce et de l’Industrie a lancé une série de visites de terrain à travers le pays. Objectif : s’assurer que la politique de régulation des prix du riz, denrée alimentaire de base en Côte d’Ivoire, est effectivement appliquée par les opérateurs économiques.
Ces contrôles sont pilotés par la Direction générale du Commerce intérieur, qui entend à la fois rassurer les consommateurs et prévenir toute spéculation en cette période de forte demande.
Des stocks jugés largement suffisants
Selon Aimé Kablan Koizan, directeur général du Commerce intérieur, le marché national dispose actuellement de 350 000 tonnes de riz, soit l’équivalent de quatre à cinq mois de consommation.
« Des arrivages supplémentaires estimés à 150 000 tonnes sont attendus sur le seul mois de décembre », a-t-il précisé, se voulant rassurant.
« Notre marché est suffisamment approvisionné, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-il.
Les grossistes confirment l’abondance sur le marché
Sur le terrain, les opérateurs confirment cette disponibilité. À Treichville, l’un des principaux pôles de distribution, Hussein Ezzedine, grossiste de riz, évoque une logistique bien huilée.
« Nous disposons de 15 magasins de stockage de 8 000 m² chacun, capables d’accueillir environ 26 000 tonnes par site. Chaque jour, près de 3 000 tonnes sont acheminées vers les différents marchés », explique-t-il.
Une baisse des prix jugée effective
Au-delà de la disponibilité, les autorités mettent en avant une baisse significative des prix. Selon Aimé Kablan Koizan, celle-ci atteint 40 à 50 % en glissement annuel par rapport à 2024.
Désormais, le sac de riz est accessible à partir de 12 000 à 13 000 FCFA, avec des prix plafonnés autour de 16 000 FCFA, selon les qualités et les formats.
Les consommateurs saluent un soulagement pour les ménages
Du côté des organisations de consommateurs, le constat est partagé. Marius Komoé, président du Conseil national des organisations de consommateurs, parle d’un allègement réel pour les ménages.
« Les sacs de 25 ou 50 kilos, autrefois vendus entre 22 000 et 26 000 FCFA, se vendent aujourd’hui entre 12 000 et 18 000 FCFA. C’est un vrai soulagement », souligne-t-il.
Même les prix réglementés sont concernés : le sac de 5 kilos, plafonné auparavant à 2 300 FCFA, se négocie désormais entre 1 950 et 2 100 FCFA.
Vigilance maintenue sur les produits de grande consommation
Le directeur général du Commerce intérieur assure par ailleurs qu’aucune rupture n’est annoncée sur d’autres produits essentiels, notamment le sucre et l’huile.
Pour garantir le respect des prix, le ministère du Commerce maintient un dispositif de surveillance renforcé : brigade de contrôle rapide, ligne verte 1343 et application mobile Contrôle Citoyen restent mobilisées.
Mot d’ordre des autorités : « tolérance zéro face aux abus ».