‘‘Me Blessy Jean-Chrysostome, au milieu, a employé des images assimilant certains acteurs politiques à des figures trompeuses’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Béoumi (centre ivoirien) le 16 décembre 2025 – À l’approche des élections législatives prévues le 27 décembre 2025, une sortie du député sortant de Béoumi, Me Blessy Jean-Chrysostome, membre du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), suscite de vives réactions dans le département.
En tournée politique le week-end dernier à Assengou, localité située dans le département de Béoumi, l’élu a tenu, en langue baoulé, des propos jugés par plusieurs observateurs comme à connotation ‘‘identitaire, xénophobe et potentiellement incitatifs à la haine’’, dans un contexte électoral déjà sensible.
Un message adressé à la jeunesse électorale
S’adressant principalement aux jeunes, Me Blessy Jean-Chrysostome a dénoncé ce qu’il a qualifié de banalisation du vote, estimant que certains électeurs « vendraient leur voix » à des personnes extérieures à la localité en échange de petits avantages matériels.
Il a appelé ses auditeurs à faire preuve de vigilance et à préserver, selon ses termes, ce qui reviendrait « de plein droit » aux populations originaires de Béoumi, insistant sur le poids du vote individuel dans l’avenir politique de la circonscription.
Une mise en cause des populations allogènes
Au fil de son intervention, le député a multiplié les références aux personnes qu’il présente comme non originaires de Béoumi, établissant une distinction nette entre villages et villes, et mettant en doute la légitimité politique de certains habitants vivant pourtant dans la localité.
Il a notamment évoqué des situations observées dans d’autres villes du centre du pays, telles que Toumodi, Yamoussoukro ou Bouaké, qu’il a citées comme exemples à ne pas reproduire, selon lui.
Des métaphores lourdes de sens
Dans la conclusion de son discours, Me Blessy Jean-Chrysostome a employé des images assimilant certains acteurs politiques à des figures trompeuses, appelant ses partisans à la prudence face à ce qu’il considère comme des tentatives de manipulation électorale.
Pour l’élu, ces personnes ne devraient pas, selon ses propos, accéder à des responsabilités politiques dans une circonscription comme Béoumi.
Un contexte électoral sous tension
Ces déclarations interviennent alors que les autorités électorales et administratives ivoiriennes appellent régulièrement les acteurs politiques à éviter les discours de stigmatisation, susceptibles de fragiliser la cohésion sociale et de raviver des tensions identitaires.
Dans un département marqué par une forte diversité sociologique et une longue tradition de cohabitation entre populations autochtones et allogènes, ce type de discours relance le débat sur l’usage du registre identitaire dans la compétition politique.
À quelques jours du scrutin, plusieurs voix de la société civile appellent à une campagne axée sur les programmes, les propositions de développement local et le vivre-ensemble, afin de garantir un processus électoral apaisé.