‘‘Les flammes ont quasiment ravagé le plus gras centre commercial de la capitale de la région de Gbêkê’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Bouaké (Centre ivoirien), le 15 décembre 2025 – L’incendie qui a ravagé le centre commercial « China Town » ne se limite pas à une perte matérielle. Il révèle aussi la fragilité de certains équilibres économiques locaux, dans une ville où le commerce joue un rôle central dans l’activité et l’emploi.
Un investissement récent brutalement anéanti
Ouvert le 1er décembre dernier, le centre commercial représentait un investissement estimé à plusieurs milliards de francs CFA. Sa destruction intervient à peine deux semaines après son inauguration, empêchant tout amortissement des coûts engagés : bâtiments, stocks, équipements et logistique.
Pour les promoteurs, la perte est immédiate et massive. Pour la ville, c’est un projet structurant qui disparaît avant même d’avoir produit ses effets économiques à moyen terme.
Des emplois directs et indirects menacés
« China Town » faisait travailler plusieurs dizaines d’employés, entre vendeurs, manutentionnaires, agents de sécurité et personnels de maintenance. À ces emplois directs s’ajoutaient de nombreux emplois indirects : transporteurs, fournisseurs, restaurateurs et petits commerçants installés à proximité.
L’incendie entraîne donc une interruption brutale de revenus pour ces acteurs, dans un contexte économique où l’emploi formel reste limité, notamment pour les jeunes.
Un impact sur le pouvoir d’achat des ménages
Le centre commercial s’était rapidement imposé comme un lieu prisé pour l’achat de produits à bas prix. En cette période de fin d’année, marquée par une hausse des dépenses des ménages, sa fermeture réduit l’offre commerciale accessible.
À court terme, les consommateurs devront se tourner vers d’autres circuits, souvent plus coûteux. Cette situation pourrait peser sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les ménages à revenus modestes.
Une perte de dynamisme pour le commerce urbain
Bouaké s’affirme depuis plusieurs années comme un pôle commercial majeur du centre ivoirien. L’implantation de grandes surfaces participe à cette dynamique en attirant des flux de consommateurs et en structurant l’espace urbain.
La disparition soudaine de « China Town » constitue un coup d’arrêt symbolique à cette dynamique. Elle pourrait aussi freiner, temporairement, l’intérêt de certains investisseurs privés, soucieux de la sécurité de leurs installations.
La question de la prévention et de la sécurité économique
Au-delà de l’émotion, l’incendie relance le débat sur la prévention des risques dans les infrastructures commerciales : normes de construction, dispositifs anti-incendie, contrôles techniques et assurances.
Pour les autorités locales et nationales, l’enjeu est clair : renforcer la sécurité des investissements afin de protéger l’activité économique et rassurer les opérateurs.
Un test pour la résilience économique locale
Si Bouaké dispose d’un tissu commercial diversifié capable d’absorber le choc, l’incendie de « China Town » rappelle la vulnérabilité des économies urbaines face aux sinistres majeurs.
À moyen terme, la reconstruction ou le remplacement de ce centre commercial pourrait créer de nouvelles opportunités. Mais à court terme, l’impact est bien réel : pertes financières, emplois suspendus et ralentissement ponctuel de l’activité commerciale.