‘‘Le ministre d’Etat, Conseiller spécial du Président, Patrick Achi, lance le premier Forum de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Adzopé (Sud ivoirien), le 15 décembre 2025 – Dans la région de La Mé, la question de l’emploi des jeunes s’est invitée au centre des débats samedi 13 décembre 2025, à l’occasion du Forum de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat.
Une initiative qui a mobilisé massivement la jeunesse locale, venue avec des curriculums vitae, des projets ou de simples idées, dans l’espoir de trouver des réponses concrètes à une insertion professionnelle souvent difficile.
Dans la cour et la grande salle de la Maison des jeunes et de la culture Anouma Brou Félix, entreprises, structures de financement et organismes de formation ont animé des stands, illustrant la volonté des autorités de rapprocher les jeunes des opportunités existantes, qu’il s’agisse d’emplois salariés, de formation qualifiante ou d’entrepreneuriat.
Une pression démographique et économique persistante
Face à un public attentif, le président du Conseil régional de La Mé, Patrick Achi, a rappelé l’ampleur du défi. Chaque année, entre 400 000 et 500 000 jeunes sortent du système scolaire ivoirien. Dans le même temps, la fonction publique n’offre que 15 000 à 20 000 recrutements annuels, tandis que le secteur privé formel absorbe entre 80 000 et 100 000 nouveaux entrants. Le reste de cette jeunesse est contraint de se tourner vers l’économie informelle ou de tenter l’aventure entrepreneuriale, souvent sans accompagnement suffisant.
Un déséquilibre structurel qui, selon l’ancien Premier ministre, impose un changement de regard sur les trajectoires professionnelles. « Le destin et l’avenir ne se trouvent pas nécessairement à la Fonction publique », a-t-il souligné, appelant les jeunes à envisager le secteur privé, l’agriculture modernisée et l’entrepreneuriat comme de véritables leviers d’ascension sociale.
Industrialisation et transformation agricole comme moteurs
Patrick Achi a inscrit cette problématique dans la Vision 2030 portée par le président Alassane Ouattara, un document stratégique dont il a lui-même coordonné l’élaboration. Au cœur de cette vision : l’industrialisation, le soutien accru au secteur privé et la transformation de l’agriculture, longtemps dominée par la production de matières premières à faible valeur ajoutée.
Selon lui, la création prochaine de grandes zones industrielles à l’intérieur du pays devrait permettre de générer des milliers d’emplois, tout en réduisant les déséquilibres territoriaux. L’objectif est clair : transformer localement les produits agricoles, développer des chaînes de valeur industrielles et offrir des débouchés durables à une jeunesse de plus en plus nombreuse.
Une ambition de changement d’échelle
Au-delà de l’emploi, c’est un projet de transformation économique globale qui est revendiqué. La Côte d’Ivoire figure aujourd’hui parmi les économies les plus performantes d’Afrique, selon Patrick Achi. Le pays ambitionne désormais de changer d’échelle et de s’inspirer de trajectoires réussies en Asie et en Amérique latine, comme la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande, Singapour, le Chili ou encore le Pérou.
Un pari qui repose sur la stabilité politique, les investissements dans les infrastructures et le capital humain, mais aussi sur la capacité à offrir des perspectives crédibles à la jeunesse.
En conclusion, le message adressé aux jeunes d’Adzopé se veut à la fois réaliste et porteur d’espoir : patience, adaptation et engagement sont présentés comme des clés pour tirer parti des transformations économiques en cours, dans un pays qui aspire désormais à compter parmi les économies émergentes à l’échelle mondiale.