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Politique

Défense | Budget 2026

Entre Sahel instable et Golfe de Guinée stratégique, Abidjan renforce son bouclier avec 481 milliards de FCFA

Défense | Budget 2026
‘‘Téné Birahima valide un budget pour sécuriser la croissance et anticiper les menaces régionales’’

Par Dhan Habib Sénamblé

Abidjan, le 13 décembre 2025 – Le ministre d’État, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a présenté mardi 9 décembre 2025 devant la Commission des Affaires Économiques et Financières (CAEF) du Sénat le projet de loi portant budget-programme de son département pour l’année 2026.

 L’adoption à l’unanimité par le Sénat du budget 2026 du ministère de la Défense, d’un montant de plus de 481 milliards de FCFA, intervient dans un contexte sécuritaire régional sous tension. Pour Abidjan, il ne s’agit plus seulement d’un effort militaire, mais d’un investissement stratégique au service de la stabilité politique et du développement économique.

Un environnement régional instable

Au nord du pays, le Sahel reste marqué par l’expansion de groupes armés terroristes, l’affaiblissement des États et la multiplication des coups d’État militaires. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger font face à une insécurité chronique qui déborde parfois vers les pays côtiers du golfe de Guinée.

Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire apparaît comme un îlot de stabilité relative, mais une stabilité fragile. Les attaques terroristes enregistrées ces dernières années dans le nord du pays ont servi d’alerte : la menace n’est plus théorique. Elle impose une vigilance permanente, un renforcement du renseignement et une capacité de réaction rapide sur l’ensemble du territoire.

Défense et sécurité intérieure : un continuum stratégique

Le budget 2026 de la Défense, structuré autour de l’administration générale, de la défense et de la sécurité, traduit une approche globale. Les autorités ivoiriennes misent à la fois sur la modernisation des équipements, la formation des hommes et l’amélioration de la coordination entre les forces armées et les services de sécurité intérieure.

L’objectif est clair : prévenir l’implantation de réseaux armés, sécuriser les frontières nord et préserver la paix sociale dans les zones sensibles, notamment rurales. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs années pour professionnaliser les Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).

Selon le ministre, cette enveloppe vise à renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants.

La sécurité, condition de la performance économique

Pour Abidjan, la défense n’est pas dissociée de l’économie. La Côte d’Ivoire, locomotive de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), entend protéger ses infrastructures stratégiques, ses corridors commerciaux et ses investissements.

Téné Birahima Ouattara a souligné que ce budget permettra de doter la Côte d’Ivoire d’un outil de défense « suffisamment fort pour contrer toute menace pesant sur la stabilité économique et la sécurité des populations ».

La stabilité sécuritaire est perçue comme un facteur clé de confiance pour les investisseurs, dans un pays qui mise sur l’industrialisation, l’exploitation des ressources minières et énergétiques, et la transformation agricole. Le budget de la Défense devient ainsi un levier indirect de croissance et de souveraineté économique.

Une posture de dissuasion plutôt que de confrontation

Contrairement à certains pays de la sous-région engagés dans des logiques de rupture ou de militarisation excessive, la Côte d’Ivoire privilégie une posture de dissuasion et de prévention. Le renforcement de l’outil de défense vise moins à projeter la force qu’à décourager toute tentative de déstabilisation.

L’adoption unanime du budget par le Sénat envoie un signal politique fort : la question sécuritaire dépasse les clivages partisans et s’inscrit dans un consensus national autour de la protection de l’État et des citoyens.

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