‘‘Fin de l’exemption pour les colis de moins de 150 euros’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Les ministres de l’Économie de l’Union européenne ont validé, ce vendredi 12 décembre 2025, l’instauration d’une taxe forfaitaire de 3 euros sur tous les petits colis importés dans l’UE à partir du 1er juillet 2026.
Jusqu’ici, les envois d’une valeur inférieure à 150 euros – pour la plupart en provenance de Chine – bénéficiaient d’une exemption de droits de douane.
Cette mesure marque un tournant dans la régulation du commerce en ligne de petits produits importés, un segment devenu massif : 4,6 milliards de colis de moins de 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit 145 par seconde, dont 91 % envoyés depuis la Chine, selon l’AFP.
Cibler l’afflux de produits chinois à bas prix
L’objectif est clair : endiguer le déferlement de produits chinois vendus à bas prix, souvent en-deçà des standards européens.
Les plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress figurent parmi les principaux acteurs visés, alors que les commerçants européens dénoncent une concurrence jugée de plus en plus déloyale.
« C’est une victoire majeure pour l’Union européenne », s’est félicité le ministre français de l’Économie Roland Lescure, qui a porté la proposition.
Selon lui, ces colis « représentent une concurrence déloyale » comparée au commerce local qui, lui, « paie des taxes ».
Une taxe forfaitaire plutôt qu’un pourcentage
Les Vingt-Sept ont finalement retenu un dispositif transitoire, qui s’appliquera dès juillet 2026, en attendant une réforme douanière plus vaste.
La France plaidait pour une taxe forfaitaire – fixe et dissuasive – plutôt qu’une taxe proportionnelle adossée à la valeur du colis, comme préconisé par la Commission européenne.
C’est cette option française qui a été adoptée, même si Paris souhaitait une entrée en vigueur plus rapide.
Un enjeu de sécurité et de contrôle
Au-delà de la concurrence, l’afflux massif de colis pose de sérieux défis pour les douanes européennes :
les volumes sont tels que les agents ne parviennent plus à contrôler efficacement les produits qui entrent.
Résultat : contrefaçons, marchandises dangereuses, ou articles non conformes échappent souvent aux radars.
La future taxation doit donc aussi contribuer à renforcer les capacités de contrôle dans les ports et aéroports.
Prochaine étape : des “frais de traitement” à partir de 2026
La taxe de 3 euros n’est que le premier volet d’un dispositif plus large.
Bruxelles prévoit, à partir de novembre 2026, l’instauration de frais de traitement de 2 euros par colis importé de moins de 150 euros.
Cette somme servira à financer l’amélioration des contrôles douaniers et à rétablir des conditions de concurrence plus équitables.
Plusieurs États membres, dont la France et l’Italie, ont d’ailleurs déjà annoncé qu’ils mettront en place leurs propres frais nationaux en complément du dispositif européen.