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Reportage | Développement de Boundiali

Des terres rouges aux couloirs feutrés de Washington, l’ambition d’une ville, avec Mariatou Koné

Reportage | Développement de Boundiali
‘‘Boundiali en mission avec Mariatou Koné, ministre de l'Education nationale et de l'Alphabétisation, maire de Boundiali : Quand une ville prend l’avion pour Washington, aux Etats-Unis’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Dans les rues tranquilles de Boundiali, les habitants l’appellent « la professeure-député-maire ». À Washington D.C., dans les couloirs feutrés du Département d’État américain, c’est une voix qui porte haut un nom que l’on entendait peu hors des frontières ivoiriennes : Boundiali. Dans ces bureaux feutrés, c’est la ministre ivoirienne de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation que l’on reçoit, mais Mariatou Koné n’oublie jamais la terre rouge qui l’a vue grandir.

Depuis une semaine, la ministre arpente universités agricoles, cercles diplomatiques et salles de réunion du Département d’État. Une mission où la pédagogie rencontre la diplomatie, avec un objectif : inscrire Boundiali dans les circuits mondiaux de l’innovation agricole et de la formation.

Dans l’Iowa, au cœur du modèle agricole américain, Immersion dans une ferme-école de 162 hectares

« Pour Boundiali, nous irons partout s’il le faut », lance-t-elle.

La phrase sonne comme un serment.

À plus de 7 000 kilomètres de la Bagoué, Mariatou Koné n’est pas en voyage d’apparat. Elle est en mission offensive de développement.

Jeudi 4 décembre, dans l’État de l’Iowa, au prestigieux Kirkwood Community College, elle ausculte les modèles agricoles américains.

Sa délégation parcourt les installations ultramodernes du Kirkwood Community College. Tout ici respire l’efficacité. Dans cette région américaine où l’agriculture est reine, chaque visite est un voyage dans le futur : ferme-école de 162 hectares, serres ultramodernes, espaces dédiés à la faune… espaces de simulation, centre de production… Toute une architecture d’apprentissage qu’elle veut adapter au nord ivoirien.

« Nous devons adapter ce modèle à Boundiali, le mettre à notre échelle, mais sans perdre l’ambition », explique la ministre, attentive, prenant des notes, interrogeant chaque formateur.

Son projet : transposer ces standards pédagogiques dans le nord ivoirien, pour former une nouvelle génération d’agriculteurs compétents, techniciens, innovants.

Un levier décisif pour "la puissance agricole émergente" voulue par le Président Alassane Ouattara.

Le lobbying gagnant : Boundiali admise dans le réseau UNESCO des villes apprenantes : l’UNESCO salue l’audace locale

Le 4 décembre 2025, depuis Paris, l’annonce tombe : Boundiali entre dans le réseau mondial des villes apprenantes. Le même jour, depuis Paris, l’UNESCO officialise la nouvelle : Boundiali rejoint le prestigieux réseau des Villes apprenantes.

Une consécration rare, pour une commune longtemps restée en retrait, le fruit de sept années d’investissements continus : éducation, culture, agriculture, infrastructures sociales, technologies… À Boundiali, la transformation est visible, palpable. Depuis 2018, Mariatou Koné multiplie projets, infrastructures, écoles, centres culturels et initiatives pour dynamiser la capitale de la Bagoué. Palais de la culture, bibliothèque municipale, plus grande usine de transformation de cajou d’Afrique de l’Ouest, programmes de formation, projets urbains… Boundiali se redessine, s’affirme, inspire.

Ville, longtemps considérée comme périphérique, elle s’impose dans les radars nationaux et internationaux. Une ville désormais citée aux côtés de Bouaké, Gagnoa et Korhogo dans les cercles internationaux. « Boundiali doit apprendre, produire, rayonner », martèle Mariatou Koné.

Washington, terrain diplomatique : la maire qui veut un pont entre villes ivoiriennes et américaines, rencontre au Département d’État américain

Mardi, dans les salons sobres du Département d’État, la ministre ivoirienne dialogue avec Martin Thomen et Willow Williamson, experts du numérique, de la cybersécurité et de l’entrepreneuriat. Mariatou Koné expose sa vision : « créer un réseau de coopération entre maires ivoiriens et américains, trouver un appui sur la cybersécurité, le numérique et l'IA, générer des partenariats agricoles, la formation professionnelle étant au cœur de tout ». Et une proposition forte : créer un réseau de coopération entre maires ivoiriens et américains pour accélérer les projets locaux, partager les modèles urbains, connecter les municipalités.

Aux côtés de diplomates spécialisés dans l’innovation et la gouvernance, la ministre plaide pour une prosperity-sharing, une prospérité partagée entre les deux pays.

Les responsables américains saluent une vision « alignée sur les priorités stratégiques des États-Unis pour l’Afrique ». Boundiali, petit territoire du Nord ivoirien, se retrouve soudain au cœur des grandes diplomaties.

Les voix de la diaspora : espoirs et engagements

Rencontre à l’ambassade de Côte d’Ivoire

À quelques rues de la Maison Blanche, la ministre retrouve la diaspora de Boundiali. Des étudiants, des ingénieurs, des entrepreneurs, certains installés depuis vingt ans. Les ressortissants de Boundiali se sont déplacés nombreux. Les échanges sont francs, directs. Dans la salle de réunion, l’émotion affleure. On parle développement, infrastructures, cohésion sociale. La diaspora se dit prête à « prendre sa place dans le train du développement ». Un signe fort : Boundiali s’exporte, et son nom mobilise.

Boundiali, d’une cité rurale à un laboratoire de modernité

La vision est claire : faire de Boundiali un pôle agro-industriel et éducatif du Nord ivoirien. Une trajectoire que la mission américaine veut consolider. Entre les visites de fermes américaines et les échanges diplomatiques, un fil rouge : former, moderniser, transformer. Boundiali n’est plus seulement la « cité des hippopotames ».

C’est une ville agro-industrielle en émergence, une ville éducative grâce à l'UNESCO, une ville culturelle, une ville apaisée et dynamique,

et désormais, une ville qui consolide sa connectivité aux réseaux internationaux. La stratégie est claire : former → produire → transformer → exporter.

En alignement avec la vision du Président Alassane Ouattara, Mariatou Koné veut installer Boundiali comme un modèle de développement territorial moderne.

Pour Mariatou Koné, le message est clair : « L’avenir de Boundiali passe par l’innovation, par l’excellence et par l’ouverture au monde. »

Une élue déterminée : "Un Boundiali plus fort, plus visible, plus ouvert"

Partout où elle est passée — Iowa, Washington, Paris — un message revient : Boundiali n’attend plus, Boundiali avance avec une méthode : « observer les meilleurs modèles, créer les bons réseaux, investir dans les jeunes, valoriser les femmes, moderniser l’agriculture. « Mon engagement est total. L’avenir de Boundiali mérite le meilleur », laisse-t-elle entendre avec un grand sourire.

Boundiali, la nouvelle audace ivoirienne

Cette offensive de la ministre, député-maire témoigne d’une chose : « Boundiali n’est plus une ville silencieuse du Nord. C’est une ville qui s’affirme, propulsée par une élue dont la détermination fait aujourd’hui école ».

Mariatou Koné, par son action, inscrit Boundiali dans la géographie du développement international : des États-Unis à l’UNESCO, des champs de la Bagoué aux campus américains, la ville devient un laboratoire d’innovation territoriale. Un destin en marche. Une ambition assumée. Un leadership revendiqué.

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